Archive mensuelle de mars 2014

Traces ensommeillées de l’esprit vagabond

Je me réveille
Dans cette paresse
Alourdissante
Scellant les paupières
Baignée
De ta présence
De cette vie partagée
Qui n’existe pourtant pas
Et tu m’accompagnes
Aux graduations lumière
Du matin qui perce
Comme insinué
Sous ma peau
Et chaque mouvement
Fait sentir
Cette place étrange
Que tu prends
Sans le savoir
Et les heures s’allongeant
Tu t’estompes
Dans un discret étirement
Sans jamais me quitter vraiment
Une transparence
Superposée
Au jour qui passe

 

Je te croise en rêve
Et ta présence m’éclaire
Me baignant d’un halo
Qui m’élève
Au-dessus des noirceurs
Au-delà des questions
Le doute de dissipe
Et je suis remplie
Du plein
Et de lumière
Transfigurance
Et irradiance
Je deviens presque immatérielle

 

Le manque me trahit
Et j’imagine
A mon insu
Des perspectives inspirées
Proximité projetée
Les impressions dérangeantes
D’une attirance immense et instinctive
Et les peurs
Insidieuses
Où je m’immisce
Et me décourage
Mon être rapetissé
Dans une soudaine nudité
Abstraite
Sous la lumière sans indulgence
Du regard inventé
De cet autre inconnu

A.T.

Mélancolie-murmure des traversées hivernales

Intemporelles douceurs
D’un Octobre de nulle part
Arpentant les couloirs aux paquets grinçants
D’une obscure bâtisse surannée
Mes impressions s’éveillent
Les heures s’étirent
Paresseuses
Bien loin après minuit
Le calme écrasant
Mon âme s’agite
Des souvenirs que tu lui inspires
Malgré la nuit sombre de jais
Mon sourire rayonne
À en faire jour
Songes galopants
Tous tes mots flottent dans l’air
Et se cogne au plafond de mon âme dans un éclat de rire
Cristal et arc en ciel
Les sommeils s’alignent derrière les portes
Je suis éveillée comme jamais
Chaque battement de cils, de cœur et d’horloge
Est plein du sens dont tu m’as fait l’offrande
Il n’est plus de vide
Le noir et le silence n’ont plus cours
Ni en hiver, en cette nuit et ces lieux
Ténébreux
Il est un soleil étonnant
Éclatant comme de toute éternité

 

Les traces blanches vaporeuses
Laissées par quelque avion
Dans les ciels bleus vifs automnales
Rayent mon cœur
Lui passant dessus
Réveillant une vieille douleur
Que je ne saurais définir
Blessure aux contours à peine esquissés

Les cimes dentelées des hautes montagnes sans neiges
Aux confins de la ville
Écrivent de longues phrases
Dans une langue étrangère et fascinantes
Paroles inconnues

Le soleil d’octobre
Perce la journée
De sa luminosité immaculée
Laissant croire à une netteté sans nuages
Comme si tout semblait limpide
Au dehors comme dans nos âmes

À la fenêtre de ta vie
Je contemple ce jour inattendu
Au dessus des toits de briques rouges
Dans un calme suspendu
La grandeur de ce qui se déroule au delà de mes yeux
Majesté sans nom

Des heures tricotées d’inhabituel
Je suis perchée sur les mots que tu m’as confiés
Rien n’a jamais été de la sorte auparavant
Et tout l’univers nous donne inexplicablement raison

 

Un froid brutal s’est abattu sur la ville et dans les âmes
Rattrapée par de vieilles blessures oubliées
Le soir est tombé trop vite
Les cœurs sont lourds des secrets longtemps cachés
Une soif furieuse qui n’aurait aucun fond
L’envie sourde de panser les douleurs lointaines
Que les pensées s’écrasent
Dans un tassement salvateur
Où le bruit s’assourdit enfin
Et seuls resteraient alors clameurs et lueurs
En ces heures hivernales
Lorsque les nuits tombent si soudainement
J’ai le mal qui m’enserre les songes
Assombrie, je suis encerclée
De toute part il ne reste que frimas
Fêlure argentée
J’ai marché un peu
Mais le vent glacial n’est pas venu à bout
Des tristesses tenaces
Plus vives que jamais
Il les a ramené
Réveillées

 

La nuit d’un poétique solstice
Rien n’est arrivé
Pas un râle survenu
Pas même une âme surgie

Il a fait sombre
Les ténèbres étaient bien là
Mais le vide et le silence
Dévorants, effrayants
Sont restés les seuls maîtres en ces lieux prédisposés
Érigés telle une invitation

Le clocher a sonné minuit
Le vent s’est levé
Et la brume a recouvert la cour entre les arbres
Mais Octobre n’a rien apporté à Novembre
Pas même le mouvement d’une intention

Un habituel ennui
Ritournelle rituel
Il n’y a point eu de rites
Pour ramener l’absence à nos souvenirs
Morne pesanteur

Il est quatre heures
Tout dort
Tout de plomb
Inerte
J’ai fini par abandonner
Il n’y avait rien à scruter ni attendre
Je me suis endormie

 

Telles les feuilles tombées au sol
Et dont la première lune d’hiver
Fait miroiter d’une lueur pâle argentée
La face assoupie
Les milles facettes des questions sur l’après
Reflètent les inquiétudes assaillantes, débordantes
Et se bousculent au seuil des pensées en folie

Je ne sais que sera demain
Se pourrait-il que tu le fasses?
Si la patience était suffisante
Si les mois écoulés l’étaient aussi
Les sentiments ne devraient pas constituer la limite

J’ai réussi le test de toutes les vérités
Restant bien souvent terrassée
Mais je reste sans acquis
Et rien n’est moins certain que le pourquoi

 

Les bourrasques nocturnes ont balayé les nuages
Mais les cieux de mon âme en restent couverts
Les innombrables étoiles
Sont autant de points sur lesquels je bute
La musicale mélancolie
Glisse sur les heures
Je vogue sur le navire
Des pensées fluctuantes
Leur ressac afflue aux confins
De ma conscience troublée
La brisure de leur flottement
En vagues mouvantes sur un sable écume
Jamais je ne capture leur précise nature
Je ne sais leur fond
Et ne fais qu’affleurer des contours insaisissables

 

L’automne est tombé
À l’hier d’un soir
Il pleut dans les rues
Larmes des tristesses passées
Les feuilles jaunes
Rire amer des trahisons
Tombées sur les boueux pavés
Des pas écrasés
L’honneur bafoué des femmes amoureuses
Gris épais alentour
Seules quelques lumières timides et paresseuses
Filtrent derrières les vitres embuées
Perçant le sombre vide
Je promène les peines
Au cœur de la vieille ville
Telle une indésirable
Infiltrant ses interminables longueurs
Marchant sans me diriger
À la direction
D’une errance sans hasard
Délétère solitude
Intruse
Je cherche son centre
Comme à l’extérieur
Je cherche à l’atteindre
Je l’entends
Il est proche
Palpitant
Mais jamais ne le trouve
Mais jamais ne le distingue
Il est sauf
Lorsque je décline

 

Les branches frêles et nues des arbres
Tendues vers le ciel
Sont comme mes bras
Des appels vers l’immense sans réponse
La pâle lumière
Des vieux réverbères qui longent l’allée du parc
Sont comme la diaphane lueur de mon âme
Qui espère dans la nuit
Les floconneux nuages
Éclairés de la froide lune
Sont comme mes pensées
Élimées à l’idée de ne pas être dans ton ciel
L’herbe sale
Piétinée par les rudesses hivernales
Est comme les promesses
Qui ne poussent plus dans mon cœur raviné
Les étoiles de papier
Découpées pour orner les vitres tristes
Ont les pointes acérées des phrases
Qui ne disent pas qui je suis pour toi
Et ma cigarette se consume
À la lenteur de ma vie qui t’attend

 

Le froid m’a transpercé
Jusqu’aux os
Glacée
À travers la grande fenêtre
Un fin grillage
Croisé
J’ai vu l’épais brouillard
Il a tout recouvert
Implacable linceul
Cigarettes consumées
Bien nombreuses
Le cendrier d’acier a débordé
Une lourdeur incommode
Sur ma tête est tombée
La peinture sale
S’est effritée
En haut
Sur le vaste mur
Nu
Pensées en marécages
Les sentiments se sont fissurés
Un cœur percé
La vie s’en est presque allée

A.T.

L’autour épousant le centre

L’ongle de lune
Sur la nuit du ciel
Est revenu
Dans son clin d’œil espiègle
Dans sa virgule poétique
Sa mystérieuse plénitude dissimulée
Souligner
Les phrases qui s’agitent
Pressantes
Le sentiment auréole
Qui me porte
Et qui m’éclaire
Nos reflets accordés

 

L’île est détrempée
Depuis des jours
La pluie déverse
Son torrent larmoyant
Et c’est un bruit tendre
Que le cliquetis des gouttes
Qui perlent sur les tôles
De l’eau en forme de corde
Qui frappe le sol ramolli
Des flaques
Qui ruissellent sinueuses
Et serpentesques
Sur l’asphalte noyé
L’humidité suinte
Comme une âme pleureuse
Au son violoncelle
Et perce jusqu’aux os
Jusqu’au cœur des pensées frileuses
Et devenues grises

 

Une temporalité monotone s’est installée
Comme une veillée qui s’étire épuisée
Dans le moelleux du ciel gonflé
Dans une spongieuse atmosphère voilée
Où les paupières voudraient s’écraser

 

Le ciel s’est alourdit
Gonflé de nuages
Prêt à tomber
Se rompre
S’écrouler en lourdes gouttes
S’écrasant sur la chaussée brûlante
Faisant sortir
Les odeurs de terre mouillée
De niaouli sec
Les feuilles gorgées d’humidité pesante
Le ciel s’est grisé
Plus haut que les couvercles de métropole
Dans une tristesse différente
Plus lente
Diffuse et paresseuse

 

Mes nuances clair-obscur
Deviennent un prisme magnifique
La palette aux mille couleurs
A partir de laquelle
Je renoue avec l’existé
Le sensible
Et ma singularité
Je dessine des tableaux abstraits
Qui soulignent
Toute la beauté dont je suis emplie
A partir d’une simple impression
Comme un sentiment délicat
Tissé de promesses démultipliées

A.T.

Envol sur la brèche de l’écriture

Les parallèles en dehors
Espaces et écriture
En temps abstraits
De vies regroupées
Irréelles
Volatiles
Un souffle
Un clignement
Évaporées
S’accrocher
Les poings fermés
Quelques instants
Inexistants
Retenir
La réalité étrange
Des parallèles en dehors

 

L’écriture
Partout
Présence perpétuelle
Omniprésente
Remplissant l’espace
Compacte et pulvérisée
Matérielle
Charnelle
Et volatile
Du corps
D’esprit
L’écriture instantanée
Qui respire
Qui bat
L’écriture
Rythme du temps
Seconde après seconde
Scandée
Alignée,
Calque
De la pensée
Du sentiment
Des impressions
Qui se déroule
Qui se fait
Qui n’existe pas encore
Son ombre
Et son éclaircissement

 

La retenue
Des mots
De l’expression
Contenue
Sublimée
Atténués dans leur dureté
Vérité centrale et corporelle
Le déroulement
Des pensées viscérales et violentes
En poésie de fil fragile
Adoucir la brutalité
Conserver la beauté fugace de l’élan

Déploiement
L’image au dehors
Esthète exigeante
En lignes parfaites et contours épurés
L’écrit
De l’intérieur vorace et monstrueux
L’éprouvé

Et les fragilités
Les creux
Les mouvances bipolaires
En errances traversées
Sur le fil des jours déclinés
Deviennent la sève prolifique
Guidance brillante et sublimante

Le tracé éclairant
Déchirant l’obscurité

 

A l’écoute de l’être,
Le murmure profond
Insuffler
L’interstice
Nécessaire
Au passage
Du fil
Déroulé
Jusqu’au centre
Minimal
Signifiant
De l’essence
Révélée
Retrouvée
S’y attacher
Son sens délicat
Énigmatique

Prendre la mesure
De l’importance
L’Essentiel
Ce qui éclaire
Le feu
Ranimé
L’âme
Ressuscitée

 

Devant la rencontre
Je suis comme en déséquilibre
Sur un fil
Sans pouvoir faire un pas
Immobile et silencieuse
Le vide au-dessous
L’idée de la chute
L’inconnu, l’inédit
La surprise, la réussite
Et je ne sais quel possible
Me serait le plus dangereux
Et me laisse sur place
Figée

 

Je marche
Sur une ligne étrange
Et chaotique
Équilibriste
Ma vie
Au-delà
Fragile et frémissante
Un pas devant l’autre
Réguliers mais hésitants
Funambule
D’un mystère
Au-devant
Inconnu
Chancellement de l’être
A peine
La contracture
Imperceptible
De l’âme
Qui doucement
Se soulève
Agrandie
De l’ouverture
Qui se dessine
A protée de regard
Je balance
De hésitation
A l’attraction

 

Demain merveille
Tu restes en suspend
Mille promesses
Et devenirs multiples
L’attente
Toujours du prochain
Autant de chances répétées
A se demander
Au bord
Quand je prendrais mon tour
Pour sauter
D’abord d’un pas
Subreptice basculement
A peine une légère inclinaison
Du mouvement en avant
Quand je pencherais
De quelques millimètres
Suffisants
Décisifs
L’intention
Enfin matérialisée
Par le geste objectalisé
De l’essai
D’une tentative

 

Malgré les pauses
Les interruptions
Remplies de bruits
De courts circuits
Cela se poursuit
La vie
Sous terraine
Malgré les distractions
Et les étourdissements répétés
Le flot constant
Aux mêmes courbes épousées
De la respiration
Du battement
Le cours ininterrompu
Comme une possession
Parasitaire
La pulsion
A se faire
A s’écrire
L’intérieur réveillé
La voix perpétuelle
Qui tourne autour d’un centre imprécis
Impossible à dire
A éclaircir
La répétition du geste
L’acte
Qui se perpétue
Et le fil infini d’un contenu déroulé
Qui dirait inlassablement
Les contours vagues
D’un essentiel inattrapé
Jamais pleinement saisi
Inexplicité

 

Ils sont fragiles
Ces instants
Comme un interstice
A peine ouvert
Dévoilé
Lorsque je suis agrandie
Du souffle vital
Cette tension magnifique
Vers un immense
A l’indescriptible saisissant

 

Il y a
Ces élans
Lorsque le corps et l’âme
Semblent se soulever
Ensemble
Dans un mouvement gracieux
Léger
Le champ d’un horizon
Ouvert
Libre
Et les possibles s’élevant
Comme la trajectoire
D’un soleil majestueux
Plein

Une élévation
Presque mystique
Inspirée
Venue de nulle part
Gratuite
Un transport magistral
Du tout embrasé
Saisi dans une reliance parfaite
Aérienne

Et la magie s’impose
De l’intériorité
Soudain
Devenue poésie
Élégance d’un trait érigé
Vers les cieux
Dégagés
Des possibilités
Multipliées
Et les mots
Sont des oiseaux légers
Pleins d’une grâce inspirée
D’expressifs amis
Des cailloux précieux
Recueillis
Sur un chemin clair
Dont la trace se dessine
Sans ombre
Fluide

Je voudrais m’y étendre
Avec quiétude, douceur et complaisance
Je voudrais y grandir
Sereine et assurée
Je voudrais m’y éterniser
Sans retenue
Réponse ultime
Rayon d’absolu
Éblouissement

A.T.

Flottement aux impressions parallèles et volatiles

J’existe
Soudain
De cette seconde
Un bref regard capturé
Et un monde immense
Inventé
Qui se dessine
Je suis prise
Sous l’emprise
D’une impression
A l’intensité promesse
Aux perspectives intemporelles
Hors dimension

 

Je me glisserais volontiers
Dans les draps
De cette réalité de côté
Qui n’existe point
Parallèle
Dans mon imaginaire
Et mes pensées délirantes
Qui dansent
Endiablées
Sous le flot de l’enthousiasme
Je me collerais sans retenue
Libre et enfiévrée
Le long de sa peau
Hypnotique
Par la force de mes projections inventées
Je me fondrais avec ferveur
Sous les épaisseurs
Qui nous séparent
Et nous tiennent éloignées
De distances en silences
Que je voudrais faire voler en éclats
Rompant leur retenue inutile
Les précautions obstacles

 

Je peux m’éveiller
Une seconde à peine
Dans cet espace
Volatile et délicat
Impression aérienne
Je reviens à moi-même
Et je retrouve
La présence
Habitée
L’éprouvé
Vif
Le regard
Aigu
Expansion
En mouvement fluide
Intériorité projetée
De la matière à l’évaporé
Vers l’extérieur solide
Magnifié

 

L’idée
Légère et volatile
S’immisce
Et s’insinue
A mon insu
Infusant mes pensées
Pénétrant mes rêves
Je suis baignée
Par son sourire
Je suis gagné
Par le ciel glacial
De ses yeux
Grands ouverts
D’enfant curieux
Son corps m’appelle
Et sa peau exhale
Une chaleur qui m’attise
Mystérieuse attraction
Dont la violence
M’attrape le ventre
Et prend ma volonté
Crochetée

 

Je me nourris
D’une image
Seule et isolée
Qui flotte
Mon esprit flouté
Envahi
Par tout ce qui se compose
A partir de ce fictif cliché
Un instantané
Emprisonné
Dans l’écrin précieux
De mon cerveau émotionnel
Un rêve méticuleux
Et vaporeux
Je m’élève
Le corps léger
Mes pensées se balancent
Oscillantes
Et je joue les suites
Improvisées
J’invente un instant
Une histoire
Des vies
Où je succombe
Entière

 

Glissant dans un temps parallèle
Emprunté à une réalité singulière
J’existe
Soudain
De cette seconde
Un bref regard capturé
Et un monde immense
Inventé
Qui se dessine
Je suis prise
Sous l’emprise
D’une impression
A l’intensité promesse
Aux perspectives intemporelles
Hors dimension

A.T.

Élévations au hasard prodigue

Je roule
Vers cet après midi
Venant couronner les divagations douces
Et les rêveries reproduites
Pendant les jours creux
De suspension
De la vie parallèle
Avec cette appréhension
A la sensation palpable
Du plein qu’elle instille
Dont elle palpite
Jusque dans les tempes
Plus qu’un bruit
Sourd
Une présence mate
Manifeste
Cet après midi
Chargée d’une résultance insoupçonnée
Et dont la simple évocation
Approchante
Me remplit d’émois
De confusion
Et d’impressions disparates
Sous la peau l’excitation
Pulsation écho
Battements miroir
Qui se contient à peine
Comme si j’allais me rompre
En mille éclats de rires multipliés

 

Le sentiment se fait
A mon insu
Depuis le rêve
Jusqu’à l’absence à moi-même
Se renforçant
Comme les eaux sous terraines
Grondantes
D’un torrent à venir
Il se poursuit
Lorsque je n’y prête aucune attention
Entre veille et sommeil
Dans chaque espace interstice
Pour éclater en plein visage
Alors que je ne l’y attendais point
Son indéniable intensité
Grandie, épaissie
Du silence et de l’inconscience
Réalité indiscutable
Explosant
Dans une fierté dérangeante
Où ne je suis qu’objet docile
Conquise
Malgré son incontenance
Son débordement

 

Le flux
La sève
En fourmillements
Diffus
En grondement sourd
Comme un battement lourd
Frappant
Sous la peau
Régulier
Un gonflement déployé
Qui m’allège
Qui me grise
Les pensées
Dans un envol majestueux
Vers les hauteurs infinies
Je vis
De ce souffle neuf
Qui m’agrandit
Qui m’élève

 

Plus je lui donne épaisseur
Justification
Et expression
Plus sa réalité s’amplifie
Comme sans limite
Je le décris
Je m’y attarde
Scruté
Décomposé
Je suis son extatique fervente
Je succombe sous sa séduisance
M’évapore de sa prodigue nourriture
Je deviens un éclat de soleil
Le fond du mur de mes pensées
Pastelisé
La noirceur fondue
Dissipée

 

Je voudrais te retenir
Je voudrais te dire
L’immense
Et l’idéal
Tout l’excès déversé
A chaque instant
De ce que tu m’inspires
T’adresser
Ce débordement
Qui résulte
De trop l’avoir contenu
De n’avoir été entendu
Le sentiment
En écho échoué
Qui jamais ne se rompt
Nulle part pour s’arrêter
Et se répéter
La dérive éternelle
D’une rencontre manquée

Je voudrais t’écrire
Sur la toile d’un ciel sans limite

J’ai le plus bel univers
Sous mon regard
Sous ma main
A portée du regard
Et je le déplie
En mots constellations
Sur des pages horizon

A.T.

Noirceurs impressionnistes aux incursions pointillées d’un passé régulier

Les jours monochromes
Ma vie n’a pas pris de direction
Asynchrone
Remplie aux hasards
Qui se présentaient

Les pensées grises
Les idées noires
Comme des masses solides
Comme des blocs immenses
Totalité de l’espace
Encombré

Fermer les volets
Pour ne pas voir
Au fil des jours
S’accumuler
Les manifestations
De la vie
Démissionné

L’ignorance appliquée
Les regards et les attentions
Sélectifs
Abandonner les obligations épuisantes
Les exigences
Du minimum

Nos essences se consument
Devenues des matières opératoires

Plus les heures avancent
Comme si le temps s’amoindrissait
Et chaque instant s’effilochait
En secondes faméliques
J’épure les intentions
En aspirations minimales
En concrétisations centrales
Un point essentiel

Et je rentre dans la mer
Comme si ce jour devait être le dernier

Une seule phrase
Soudain
Tombée
Au milieu du nulle part
Au cœur de toutes les autres
Amoncelées
Telle promesse
Déployée
Et qui contient l’infini

A.T.

L’incandescente ou lorsque le feu fait un clin d’œil à la Tranquillité

Elle a la couleur du soleil
Et dans sa voix
Chante une lumière intemporelle
Dont chacun de ses mots est emprunt

Son sourire
A l’éclat de miel
Ravit tous ceux qu’elle aime
Dérobe les peurs
Balaye les réticences

Son regard rieur
Ourlé d’un noir de jais
Qui rend à l’obscurité son étincelle
Englobe d’une chaleur, qui sait rassurer

De sa vibrante présence
Baignée d’une communicative aura
Se dégage sa passion
Pour cette vie mutine et capricieuse
Dans laquelle sa confiance est déposée
Ainsi que son assurance
Lorsque pourtant
Elle concède par instant
Sa délicate fragilité
Embrasée par ses milles mystères
Et ses tours, qu’avec amusement
Elle déjoue
Elle y avance
Toujours aventureuse, intelligente et instinctive

Tous ses mots sont courageux
Et fiers
Et droits
Entiers

Entre ses bras
Immensément ouverts
Comme un ciel sans fin
Elle possède une terre d’exil
Qui accueille et abreuve

Femme muraille
Forte de ses remparts
Et de son cœur
Qui parfois se contrarient
Mais sont les meilleurs alliés
Elle insuffle une attractive gaieté
Dont ceux qui l’approchent
Ont la chance d’en saisir une part
Comme le trésor d’une étoile
Qu’ils peuvent ajouter
A la toile de leur propre partition
Accrochée brillamment
Au firmament de leur mélodie composée
Dont elle a agrandit la portée

Mais qui te nourrit, toi
Et où étanches-tu ta soif
Reposes-tu tes craintes
Et apaises tes fatigues
Lorsque tes bras dépliés
Accueille le monde entier?

A.T.

Echos et chuchotements au cœur de l’émergé

Je me redécouvre
A travers ces heures secrètes
Ce temps comme suspendu
Presque volé
Qui m’est dévolu
Et n’appartient qu’à moi

Je comprends les refuges
Et revisite mon histoire
Sous ce regard bienveillant
Qui réinterprète mes lignes

Soudain je saisis de nouvelles perspectives
Forte d’une relecture positive
Qui laisse entrevoir promesses et possibilités
A l’infini
A inventer

 

Serait-ce
A travers
Ces mots échos
Qui s’écrivent
Et s’alignent
Inlassablement
Le bercement
Des chuchotements indistincts de l’enfance
A l’oreille
Susurrés
Captation hypnotique
Se déroulant
En filigrane
Leur musique vague inexpliquée
Se répétant
Au fil des pages noircies
Comme une intention méconnue
A travers chaque action
Qui tente de se faire
Au-delà de la conscience voilée
Jour après jour

 

Soudain
Alors que je ne m’y attendais point,
Je fus submergée
Par la vague
Venue de loin
Enfouie
Sous tant d’années
De silence
De désert blanc
Cette traversée parenthèse
D’abstention totale
Et d’abstraction absolue
Tout avait été éradiqué
Par mes soins minutieux
Destructeurs
Plus rien ne semblait pouvoir advenir
Exister
En ce centre dévasté
Une terre de guerre
Rendue stérile
Alors
Au détour indéfini
Au détail échappé
Du sentiment
Tant chérit
L’émergence
De ce qui pourrait éclore

 

La formulation,
Opération mystique,
Par ces quelques mots
Tombés
Dans la nuit avancée
Au cœur d’une ivresse légère et troublante
L’espace soudain retranché
Flouté
Les autres, autour absentés
Conversations lointaines
Dans un tumulte ouaté
Je suis précipité
Dans l’abîme redouté
Mais vibrant
Tel un absolu
Transport magistral, si longtemps absent
J’avais oublié
L’état
Flottement et fourmillements
Un temps et une matière cotonneuse
Soulèvement
De l’être entier
Je m’étais déclarée
Sans précédent
J’avais ouvert les vannes
Du flot torrentiel
De ce tout
Contenu
Refoulé
Maintenant jaillissant
A la force
Accumulée
Des années désertiques

A.T.

 

Exil, langueur et saisissement

Nouméa
Soleil de plomb
Moiteur
Écrasement
Dans l’oisiveté
D’un entre deux
Passionnément attractif
Dangereusement vide et prometteur
Dans la suspension étourdissante
Une attente
Au vert suffocant
Au vent transporteur
Que je voudrais
Interminable

 

Le vent se lève alors
Robuste
Telle une force incarnée
Une injonction palpable
Bruissant dans les arbustes
Feuilles vertes et écorce craquante
Et les cheveux séchés
Blondis par le sel
Car le soleil rase tout sur son passage
Gommant les traits trop acérés
Mordant
L’intérieur s’apaise
Rangé
Dans un accord tacite et aligné
Allant de soi
Avec cet autour grandiose et imposant

 

Les mots tardent à venir
Frayer leur chemin
Paresseux
Lents
Sous le soleil de plomb
Une flèche
Au zénith
Aplati
L’esprit écrasé
Immobile
Et alangui
Ne fonctionne pas
Se refuse
A s’éclaircir
Et se dérouler sous la plume

 

Et le bitume collant
Au goudron fondu
Où les pas lents s’enfoncent
Sous le soleil de plomb
En rondeur obscène et généreuse
Fournaise
Telle la bouche béante d’un four grand ouvert
Où le corps s’épuise en y entrant
Dans une lourdeur immense
Un ralentissement global

Et le calme
Sans limite
Lumière blanche

Et les routes
Cabossées et trouées
Sinuant au cœur de la terre

Un ensemble blafard
Saisissant et incontournable
L’être
Entier
Y est capturé
Sans possibilité de lutte
Rendu

 

Lorsque la vie ralentit
Presque suspendue
On oublierait les jours
La date
On s’habituerait
A ce rythme lent
Paresseux
Les ennuis passés
Les lourdeurs
Devenues floues
L’avant soluble
Comme autant de souvenirs imprécis
Au lointain
Oubliés

 

Tout autour résonne
Exotisme et Ailleurs
Ressac discret et confortable
Où la vie vient se reposer
L’âme s’y trouve
Recueillie et déposée
Aux oreilles distraites
Parviennent les sons
Dans un délicat murmure
Des vaguelettes léchant le sable
Dans une captivante musique
Le clapotis sec des feuilles de palmiers
Se cognant les unes contre les autres
Et par-dessus
Comme un maître en son royaume
L’oiseau aux mille chants
S’offrant aux vents qui le transportent

 

La peur
Graduellement
Et les cheveux
Doucement
S’éclaircissent
La peau salée
Dore
Les contours s’assouplissent
Et les formes suivent
Tranquilles
Une blondeur globale
Et englobante
Qui se dépose
Sur le corps
Et dans les pensées
La vie et les airs amollis
Presque paisibles
Le corps s’aligne
Et s’arrange
Presque adapté
Un certain calme trouvé
Il reste à trouver le chemin
Pour la voix
Sa note
Juste
Ses tonalités
Accordées
Pour l’indomptable intérieur
Aux pensées en herbes folles
Un endiguement
Une harmonie

 

L’esprit vagabond,
Les pensées divaguent
Et s’emmêlent
Une question
Multiple déclinée
Les démons anciens
Ne sont pas loin
Comme une anxiété
Se demander
Si cela pourrait être
L’endroit
Où il faudrait
Enfin
Se trouver
Autrement
En dépit des ombres

A.T.

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