Évocation au souvenir des routes transversales

Je file à travers la campagne embrasée
Rougeoyante
Au soir approchant
Elle est devant moi
Imposante, calme et silencieuse
Dans une fixe majesté
A portée de main
Au bout du regard
Émouvante et invitante
Une apparition
Comme trouble
A peine une impression
Volatile, insaisissable
Mirage puissant
Émergeant
Comme de nulle part
Elle est vague
Illusion
Et ses vallons souples
Allongés moelleusement
Humblement érigés
Imposent le recueillement
Le temps d’un souffle suspendu

 

Je traverse
Des routes de silence
Perdue au milieu d’une nature souveraine
J’emprunte
Des chemins de solitude
Où la végétation danse, libre
Je m’aventure
En des lieux sauvages
Peuplés de mysticisme
Tout ce qui m’entoure est animé
Tout se gonfle d’un souffle primaire et fluide
Une éternité mouvante et respirante
Expressions multiples et extravagantes
Une nature sans peur
Je m’y engouffre
Comme dans un mystère épais
Et ceux qui le peuplent
Ne sont pas d’ici

 

Tout se mélange ici
Dans un harmonieux chaos
Toutes les formes
Toutes les couleurs
Toutes les matières
Se côtoient
Je me fraye un espace
Hors du temps
Hors d’atteinte
Perdue au cœur d’un foisonnement
Qui n’a de limite
Que la terre et le ciel
Qui n’a de limite
Que la conscience et l’imaginaire
Un entre deux
Dense
Qui déclame
A chaque instant
Sa beauté majestueuse
Et indomptée

 

Il y a ces longues rangées d’arbres
Élancés, éparpillés de mille branches minces
Sans feuilles
Au bois blanc
Qui longent la route
Comme une caresse déposée
Il y a ces étranges massifs
Déposés au milieu du vent majoritaire
Qui ressemblent à un rêve
Des cercles mirages cotonneux
Frôlant les surfaces les plus hautes
Comme effleurant les cimes
On les croirait illusions
Presque immatériels
Les roseaux et fougères géantes au loin
Donnant un aspect mousseux
Presque trouble
Au paysage fier et fort
Puis le rouge, vif
Aux allures de boules enflammées
Parsemant la toile de fond
Comme un sourire radieux
Mutin
Par endroit l’eau, calme
Au cours tranquille, impénétrable
Égrenée de pierres chuchotantes
Au gris insaisissable,
Laissant planer
Une vérité ancestrale et indéchiffrable
Enfin, plantés dans une joyeuse et inspirante incohérence
Les arbres et les palmiers les plus fous
Princes et rois dans leur royaume sibyllin
Et fantasque à la fois
Chacun se dresse à sa guise
Par des poses extatiques
Vers leurs destins enchantés
La route grise s’immisce en leur sein
Jusqu’au milieu
Tel un serpent sans fin, langoureux
Comme dans une danse hypnotique,
Succombant à cet appel
Dans une religieuse profondeur

A.T.

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