Exil, langueur et saisissement

Nouméa
Soleil de plomb
Moiteur
Écrasement
Dans l’oisiveté
D’un entre deux
Passionnément attractif
Dangereusement vide et prometteur
Dans la suspension étourdissante
Une attente
Au vert suffocant
Au vent transporteur
Que je voudrais
Interminable

 

Le vent se lève alors
Robuste
Telle une force incarnée
Une injonction palpable
Bruissant dans les arbustes
Feuilles vertes et écorce craquante
Et les cheveux séchés
Blondis par le sel
Car le soleil rase tout sur son passage
Gommant les traits trop acérés
Mordant
L’intérieur s’apaise
Rangé
Dans un accord tacite et aligné
Allant de soi
Avec cet autour grandiose et imposant

 

Les mots tardent à venir
Frayer leur chemin
Paresseux
Lents
Sous le soleil de plomb
Une flèche
Au zénith
Aplati
L’esprit écrasé
Immobile
Et alangui
Ne fonctionne pas
Se refuse
A s’éclaircir
Et se dérouler sous la plume

 

Et le bitume collant
Au goudron fondu
Où les pas lents s’enfoncent
Sous le soleil de plomb
En rondeur obscène et généreuse
Fournaise
Telle la bouche béante d’un four grand ouvert
Où le corps s’épuise en y entrant
Dans une lourdeur immense
Un ralentissement global

Et le calme
Sans limite
Lumière blanche

Et les routes
Cabossées et trouées
Sinuant au cœur de la terre

Un ensemble blafard
Saisissant et incontournable
L’être
Entier
Y est capturé
Sans possibilité de lutte
Rendu

 

Lorsque la vie ralentit
Presque suspendue
On oublierait les jours
La date
On s’habituerait
A ce rythme lent
Paresseux
Les ennuis passés
Les lourdeurs
Devenues floues
L’avant soluble
Comme autant de souvenirs imprécis
Au lointain
Oubliés

 

Tout autour résonne
Exotisme et Ailleurs
Ressac discret et confortable
Où la vie vient se reposer
L’âme s’y trouve
Recueillie et déposée
Aux oreilles distraites
Parviennent les sons
Dans un délicat murmure
Des vaguelettes léchant le sable
Dans une captivante musique
Le clapotis sec des feuilles de palmiers
Se cognant les unes contre les autres
Et par-dessus
Comme un maître en son royaume
L’oiseau aux mille chants
S’offrant aux vents qui le transportent

 

La peur
Graduellement
Et les cheveux
Doucement
S’éclaircissent
La peau salée
Dore
Les contours s’assouplissent
Et les formes suivent
Tranquilles
Une blondeur globale
Et englobante
Qui se dépose
Sur le corps
Et dans les pensées
La vie et les airs amollis
Presque paisibles
Le corps s’aligne
Et s’arrange
Presque adapté
Un certain calme trouvé
Il reste à trouver le chemin
Pour la voix
Sa note
Juste
Ses tonalités
Accordées
Pour l’indomptable intérieur
Aux pensées en herbes folles
Un endiguement
Une harmonie

 

L’esprit vagabond,
Les pensées divaguent
Et s’emmêlent
Une question
Multiple déclinée
Les démons anciens
Ne sont pas loin
Comme une anxiété
Se demander
Si cela pourrait être
L’endroit
Où il faudrait
Enfin
Se trouver
Autrement
En dépit des ombres

A.T.

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