Poésie au dehors infiltré

Poésie. De l’hiver. De l’impression d’enfance. Du souvenir. Des tristesses projetées. Des arbres morts. Des couleurs. Des nuances.
Je voudrais l’assumer. Celle du regard qu’on ne choisit pas. Celle qui s’impose. Malgré les résistances.
Si mes yeux, mon âme, mon corps n’étaient que cela. Sans avoir le choix.
La respiration, chaque souffle. Le cœur, chaque battement. Les veines, le sang. Tout. Au dehors et dedans.
Le temps, chaque minute.
Comment se résoudre à faire autre chose, lorsque cela crie en soi, à hurler, à la mort.
Poésie. Rampante, débordante, explosive. À bas bruit et imposante.
Comment passer un autre instant, une journée de plus sans elle.
Elle est partout, autour, je ne vois qu’elle, je ne vis qu’elle. Poésie.

La source s’éveille. La sève bouillonne sous l’écorce dure. À l’aube d’une éclosion. À l’orée d’un éclaircissement.

 

Les bourrasques d’automne font s’envoler les tristesses estivales et les vents d’Octobre cinglant viennent envelopper les pensées d’un voile rassurant. Place au recueillement. La nature est mélancolie, le dehors est poésie.

 

Je suis une hivernale
L’amour abîmé
À l’origine
Les ciels blancs
Novembre s’approche

 

Au matin tardif je me suis réveillée en heure d’hiver protégée du temps qui recule, la précipitation en moins. Encore des minutes d’avance, en avant, à venir. La vie étrange m’a encore sauté aux yeux, la course et le déroulement inéluctables, de la mort au tournant, en avant, à venir. J’ai vu la moisissure se poser incrustée sur les joints de plastiques et les poussières sales accumulées, en couches d’années et de temps qui passent. Le sens s’est absenté, encore, questionné.

 

Je suis diluée, dans le temps effréné, course folle, les minutes aux jours s’égrènent dans un vertige effrayant. Je poursuis des chimères en mots et souvenirs. J’essaie d’attraper ce qu’il reste de moi et de centre. J’essaie de m’arrêter mais je ne peux pas. Tout défile malgré moi. L’illusion de l’inertie n’opère pas. Je veux capturer du sens et du temps. Mon essence troublée, je ne distingue plus les contours qui me définissent. Fissure en son noyau.

 

Je me demande toujours
Pourquoi
Quoi faire
Le chemin
Ma voie
Le sens encore souvent absent
En question posée
L’interrogation ultime, centrale
Alors que le ciel a revêtu sa couleur préférée
Gris couvercle
Enveloppant
Une étole rassurante et presque chaleureuse
Il adoucit les pensées
Il les recouvre d’une certitude lucide
Un apaisement, vérité
Les gouttes de pluie perlent le long des vitres
Les feuilles se sont soulevées en tourbillons dans les airs
Les rafales se sont levées fraîches
À travers les fenêtres entrouvertes une bourrasque s’est glissée
Le bruit s’est répété des roues sur la chaussée humide
Les voitures filent dans une course ignorée
Elles passent à folle allure
Les rues mouillées encore
Le flanc des montagnes multicolores imprécis s’est fondu dans une brume épaisse
L’atmosphère blanchâtre, délavée, salie.

A.T.

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