Archive mensuelle de août 2014

Bataille et diversités

J’ai les envies tiraillantes
Extrêmes opposés
Et je suis paradoxe
Torsion douloureuse
Victime au consentement mitigé
Hésitations et balancements
De toutes les directions
Qui me séduisent
Abusée
Par les images
Que je voudrais épouser
Entièrement
Calquée
J’ai le désir
D’être tout à la fois
Dans l’inconstance sévère
Et au gré
Du transport de mes yeux
Esprit vaniteux
Amoureux de ce qu’il croise
Qu’il en craquelle ma raison.

 

Ces vies innombrables
Qui coulent
Côte à côte
Dans un flot torrentiel
Je reste sur le bord
Noyée
Par l’innombrable
Le souffle coupé
Par la cadence
Plus je cherche
À courir
Je me perds
En poursuites chimériques
Attrapant du volatile
Dispersé
Il ne reste
Qu’à recouvrir la peau
Et le peurs
Désenchantement.

 

Au coude à coude
Chaque jour, pareil
Recommencer
Avec trop
De ces autres
Convaincus
Confiants
C’est comme aller au front
Sans en avoir les épaules
Sans en avoir les armes.

A.T.

Tâtonnements

Je marche
Sans direction
Ma vie semble me dés-appartenir
Comme si là où j’étais
Au dessus d’un rêve éveillé
Comme si ce que je faisais
A côté d’illusoires opérations
Absurdement
Dans un flottement du sens
N’était pas ce qui devrait être
Au décalage trébuchant
Tout sonne creux
Mes pensées ne résonnent plus
Mes actes n’inscrivent rien
Un entrechoquement incompréhensible
Quelque chose de discordant
J’y suis sans y être
Présence évaporée
C’est une partition dissonante
Je marche
De biais
Je déambule
Floue
Ma vie dans son état
Déçue.

 

Succession de jours non-sens
A trouver quoi faire
Au mieux
La voie
Ouverte
Logique éclairée
Fin du désert traversé
Recherche aride
Espérances desséchées
Projection avec faille
D’un nulle part
Sans ordre du temps
Je guette
Sans conviction
Torche
Phare
Sur la route
Escarpée, ronceuse
À la destination absente
Prévisible ou imaginée
À chaque jour
Qui passe
Fil à fil
Douloureusement
Décousu.

A.T.

Le souffle des ombres

Au terme de ces jours passés
Les anxiétés ajoutées
Grimpent sur moi
Infiltrantes
Jusqu’à l’étouffement
Les inquiétudes s’amassent
Et je me baisse à peine
Sans même en cueillir une seule
Étourdie
Leur fardeau saisissant
Me bouleverse
A m’en faire ployer
Tant de zones ombragées
Celles qui noircissent
Chacun des mots
Chacun des gestes
S’imprécisent au devant du regard
Accablé
Je reste alourdie
Par un incertain demain
Lorsque rien
Ne me fait entrevoir
L’esquisse d’un rayon
À cette ébauche souriante
Jamais aperçue
Que chaque espace de temps
De corps
Au moindre interstice
Ne me fait percevoir.

 

La peur me serre
A la gorge prise
Je suis recouverte
Sous le manteau
De son absurdité
Ensevelie
Au frissonnement du pire
Je me précipite
Dans le chemin
D’une perdition sans limites
Enlisée
Elle me guette
Elle s’écroule
Vent et ignorance
Blancheur stérile
Je reste sans mouvement
Engluée
Absence
Une toile noire
Tout m’a rattrapé.

 

Le vent
S’est engouffré partout
Dans un sinistre
Et fantomatique hululement
Interstices infiltrés
Fouillés
Rien n’est épargné
Pas un seul recoin
Bourrasques folles
Et tonitruantes
Tout s’est soulevé
Et tremble
Blême
Souffle rugissant
Menace
Que tout cède
S’écrase
Fracas terrible
Sans mesure
L’autour
Épousant l’intérieur
Les impressions résonnent
En réponses correspondantes
Le vide s’étale
Je ne tiens plus droit.

A.T.

Affliction

J’avais perdu
D’avance
Depuis longtemps
Sans le savoir
Au début
J’avais perdu
L’à venir
Depuis le commencement
Tentation de l’abandon
Je regrette
J’avais perdu
À la lassitude sans fin
Dévastée
J’avais surpris
L’idée du partir
Je ne résistais point
Tristesse dictée
Le sort jeté
Tu avais décidé
Que tu n’avais pas décidé
Rester
A l’ombre translucide
De la place vacillante
Une présence
Jamais assurée
Par ces mots
Flamboyance innommée
Ceux noyés
Avant même d’exister.

 

Tu m’affliges
Par ce que tu m’infliges
Le cœur se noie
La voix se perd
Le sens se dilue
Je coule
A l’encre sang
Après tes phrases couteaux
De pages noircies
Tu ne vois rien
Aveuglé d’illusoires traverses
Alors que m’accablent
L’inconscience
Et tes inconséquences
Entre effritement et perdition
Je glisse
Sur ton dérobement
Depuis la dernière seconde
Lorsque l’ombre du doute
Et son voile
Tu as levé
Sur quelques paroles lointaines
Dont j’ai perdu la fin
Échappée
Sourd bourdonnement
A la conscience vague
Il me reste
Autour
Une trouble inconsistance
Aux bord dilués
Je suis floutée
Je ne veux plus entendre
Je ne sais plus si je comprends
Ce pays qu’est ton âme
J’ai perdu la langue
Qui n’est pas celle de nos mères
Mais la notre
Celle de notre histoire
À la rencontre
De nos résonances dissonantes
Se pourrait il
Que les différences nous meurtrissent
Il n’y aurait donc pas
Ce point de rencontre
Chimérique
Au fond
Point de mire
Qui chute
Trou noir
Pas de nous
Tombés aux oubliettes
D’un triste oubli
Pas de ponts dressés
Par delà les mers
Les frontières
Les barrages
Tout cela
N’aurait il été que mirage
Vaine traversée d’un rien
Course après le vent.

 

Je bute sur les murs du refus
Et de tes résistances
J’ai su
À tes yeux conquérant
Que rien ne saurait jamais suffire.

 

Paranoïa dévorante
Peurs et craintes déchaînées
Le débordement menace
D’où surgira
L’étincelle
A la rupture
À la folie dansante
Celle de l’incandescence ravageuse
D’une naissance non désirée
Ma furie consumée
Aux flammes furieuses
Destruction annoncée
Le chancellement discret
Un ténu imperceptible
Ce changement timide
Dans une bascule irrépressible
Vers les contrées possédées
Limite outrepassée
Dans ce non lieu
Où je te perdrai
À la force
De m’être perdue
En chemin
D’un inhumain chemin.

A.T.

Dublin en dehors

Un automne ailleurs, des pas au cœur des rues, Dublin
Les miens, ceux de tous ces autres, innombrables et innommés, tous mêlés, plus ou moins distinctibles
Au rythme d’un battement sourd, régulier
Des vies au dehors
Il y a tellement de vies, multiples et agitées
Qui s’étourdissent
Mouvements qui s’activent en tous sens
Dans un éclatement presque anarchique
J’essaie vaguement
J’y pense
J’écris, m’y arrêter, dans l’idée, je suis effrayée
Sur tout
Je mets un pied devant l’autre, hésitant
En déséquilibre
Ça vit
Très vite
Jusqu’au vertige
Ça change
Souvent
Jusqu’au paradoxe
Je voudrais toutes les vies
Amassées, réunies
Sans pouvoir y mettre une intention
Pourtant
Qui suis-je
Je cherche une ligne
J’esquisse une ébauche
En cet automne ailleurs, au cœur des rue, à Dublin
Quelle vie
Pour moi.

 

La belle avenue
Bordée
Par des arbres centenaires
Aux couleurs automnales
Et chatoyantes
Leurs branches comme des bras
Tendus vers le ciel
Comme pour le saisir
Laissant filtrer
Par une lumière douce
Sereine
Le passage, oubli
D’une confusion
A un inqualifiable
De possibles peut-être
Juste inconnus encore
Chaque maison
Lorsqu’elle est collée
A la suivante
Sa presque jumelle
Inspire des fascinations
Et de l’exceptionnel
Autant de romans qui pourraient s’écrire
Au règne des intérieurs cultivés,
Une sorte de quiétude, mêlée d’un joyeux désordre
Qui s’échappe
Des paradis imaginés
Dans une chaleur ouatée
Enveloppante
Le vague sentiment
Diffusant, apaisant
D’une parenthèse, havre
Chaque fois que je la traverse
Au long de minutes paresseusement étirées
La belle avenue
À bord d’un bus en équilibre
Chancelant
Il me semble alors
Attraper au vol
Ténu
Un espoir.

 

Que se cache-t-il
Derrière ces jardins immenses
Sagement reposés
Presque assoupis
Pelouses verdoyantes et immaculées
Parfaitement tondues planes rectangulaires
Lors de ces samedis matins tranquilles et immobiles
Au soleil éclatant sans tâches écrasé
Dans ces maisons imposantes massives droites et luxueuses
Derrière ces volets ouverts, derrière ces vitres propres étincelantes
Derrière ces fenêtres gigantesques à petits carreaux réguliers
Comme des réconforts
Les gens y sont-ils heureux?
Histoires et intérieurs en succession en procession
A se demander

Alors qu’au déchirement
J’avais le cœur brisé.

A.T.

Déréliction

Déjà l’aube
Naissante
Dans sa pâleur éthérée
Et avec elle
Le rappel à la condition
Tristesse insoluble
Tous les pas attachés.
Matins, si vous étiez aveugles.

 

Il fait sombre
Dans mes perspectives
A l’horizon
Bouché.
Cruelle défection
Mordante
Et morosité corrosive.
L’air ambiant
Se sature
Épaissi et densifié
Chargé
De rien plombé
De trop inutile.

 

Leurs clameurs me parviennent, en notes bruyantes, au fond d’un étale après midi et remontent les murs lézardés de craquelures, jusqu’à la chambre froide, baignée d’obscur, où s’allonge ma peine ombragée. Un monde étranger, massif invisible nous sépare. Et les cris des enfants, au loin, qui jouent, dans une cour d’école. Je suis emprisonnée de moi. Pesanteur, ciels accablés, torpeur. Je ne parviens pas à m’extirper, me mêler au dehors, empêchée.

 

Lorsqu’à quelques rues
S’agite
La vie nocturne
Je reste
Au cœur silencieux
D’une solitude
Qui envahit l’espace
Alourdi
Solide
Au terme
D’une improductive journée
Entièrement dédiée
A l’attente
De l’éclaircie.
Et la vie s’échappe,
Comme de moi-même.

A.T.

Neiges

La neige pourrait ne plus s’arrêter de tomber
Pendant des jours, des années
La vie resterait blanche
Et douce
Dans la chaleur de l’appartement
Avec pour seule vue
Le dehors immaculé
Assombri à peine
Par la fenêtre
Tout serait ralenti
Les flocons recouvrant la ville
Patiemment
Les toits, les rues
Les sentiments et la misère
Sous une couche épaisse
Laissant la grisaille pénible dessous
Endormie, anesthésiée
Les mois pourraient s’écouler
Paisibles, atténués
Un recueillement
Autarcique et antartique
Solitaire
Avec pour seule compagnie
Soi-même et les mots
Emmêlés
Toujours
Dans une tacite intériorité
Regroupés.

 

La neige a tout recouvert
Abondante
Tombée au seuil de la nuit
Comme de nulle part
Le ciel noir est devenu rouge-blanc
Le silence jaune a tout enveloppé, sourd
Assourdissant les souffrances
Tenaces
L’espace de brefs instants
Un monde nouveau, en dehors de l’habitude
Le même, pourtant neuf
Un paysage en fondu absorbant
Un temps parallèle
Suspendu
Et comme en amorti
Quelque chose de différent pourrait arriver
Une autre vie
Le passé et ce que l’on connaissait, ensevelis.

 

Je dévale les pistes
Au dessus des sommets
Blancheur immaculée
Soleil éblouissant
Impeccables horizons
Aux crêtes ciselées
L’air épais solide
A la pureté transperçante
Se déploie dans les poumons
Compacte
Glisse sur le visage
Piqué acéré
Le froid siffle
Glacé anesthésiant
Le vent cinglant
La vitesse grisante
Compagnons
Aux oreilles remplies
Saturées
La journée
Triste et lourde au-dedans
Pèse comme un rocher
Je me rappelle
Le sourire plein
Superbe et arrogant
A tes côtés la vie
Heureuse, légère et gorgée
Lorsque que c’était ensemble
Que nous dévalions
Le flan vertigineux des montagnes
Seuls au monde
En totalité.

A.T

Aux froideurs du mirage

Entre éclaircies et douches glacées
Reposent
Les inextirpables chroniques
D’une femme anachronique
Diluée
Perdue
Sans cesse
Dans les bonnes directions
Vides et ennuyeuses
A l’or où se trouver
Révélée
Dans la déshérence
De l’a-sentiment.

Aux vertigineux mirages
De l’amour qui l’avait trop entraîné.
Surtout nulle part.

 

Irressemblances,
A la prison
Rive unique
Despotique
D’un point de vue
Univoque
Et dévastateur.

Je te regarde
Et je me perds
Avec douleur
Dans les questions
Que je ne parviens pas à te poser.

Absente élue
Tout en petit
Tout en triste
Tout statut
Refusé.

Je n’ai pas besoin que tu m’en donnes
Lorsque j’ai par faiblesse
Et par centaines
De faux espoirs
Qui tiennent encore debout.

Comme autant
De plongeons
Arrachée
A l’accroche où je succombe
Totale
Entière
Dans le désintérêt
Et ton indifférence
J’ai tout à prouver
J’ai tout à trouver
Inscrite.

J’avais trop misé
J’avais trop mis
Tout sur le dos de l’amour.

 

Le temps glacé des solitudes
Et des questions solennelles
M’est revenu
Aux incommensurables distances
Qui nous séparaient encore.

Je masque les profondeurs, lorsque je m’essaie à la surface.
Extérieurs accrochés, par politesse, par ignorance, par courage.
Car à la modernité
Lisse
Et glaciale
On ne se fait plus
L’impolitesse du sentiment.

A.T.

Ailleurs-Lande

Promesses
Indicibles et innombrables
Aux landes douces et rondes
Accrochées de brume
Au delà
De ses rues bruyantes et colorées
A la vitesse et au comblement
Etourdissant
Terre et lieu de mystères
En devenir
Suspendus
Et à venir
L’identité en définition
Un monde et ses possibles
A deviner
Explorer
Chercher
Devant soi
J’y suis tombée
Au milieu
Presque sans hasard
Au regard
Un présent déposé
A l’éclatement
De mille perspectives
Et prismatiques facettes
Attentes et espérances
Non advenues encore
Une conquête
Une quête
En préparatifs
Tendu de futur esquissé
J’y suis prise
En parties
Succombée
Prédestination peut-être
On m’avait nommé en anglais
En sommeil
Quelque part
Ignorante
Constituante pourtant
Sans même le savoir
Mais au sentir
Au deviné
Au bout
Aux bords
Sous le sceau de l’intuition
Déjà
J’en étais faite.

A.T.

Trébuchements au retour

Je suis l’ombre de moi-même
Portée sur ma vie triste
Laborieusement
Cette ville
Ces rues
Vidées de leur cœur
Palpitant
Qui ne résonne plus
Présentation
Pâleur
Et enchaînement
Illusions brisées
Contenance empruntée
Face à moi-même
La nuit
Le noir
Face au silence
Au retour
À la solitude.

 

Au retour
L’étrangeté
Infuse
Chacune de mes pensées
Comme savoir
La dissonance
D’être ici
Sans ne plus y être
Déjà.

 

Mon cœur déchiré
Distension
D’un pays à l’autre
D’une raison à la passion
Une année entière
Tiraillée
En vaine traversée
Je me suis essoufflée
Des lieux
Espérances
Comme envolés
Vidés de leur contenu
A-sensés
Privés d’air et de vie
Coupés
L’arrachement
Hors de soi.

A.T.

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