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Archive mensuelle de septembre 2014

Entames

Les non-dits irradiants
Les violences insidieuses, sournoises
Les rancœurs fracassantes
Tournoient
Sur le ciel des retenues
A la toiles des sentiments écorchés
A l’abîme des rayures.

Je voudrais rejoindre ma solitude
Je suis soudain divisée
Comme fendue
Décolorée.

Parmi la foule et le multiple
Leur flot
Absorbant
Aspirant.

Une volonté sourde et sournoise
De tout mé-comprendre
A résider
Dans une hermétique rétention
Retranchée.

A se perdre dans les rues emmêlées
Tricotées de hasards et d’hétéroclisme
L’inspiration s’y délirait
Comme un voyage inachevé
De trouvailles insoupçonnées.

 

Je suis la moitié de moi-même
Mes élections subjectives
Mes inclinaisons naturelles
En filtre percé
Me trahissent.

Je m’évertue en procédés corrosifs et délétères
Entre écriture et effacement.

 

Courir après un salut
Qui n’est que l’ombre d’une perdition future
Sans autre issue
Que celle du verbe
Du nom et de l’adjectif
Qualifier chaque instant écoulé
Une déclinaison du quotidien martelé
L’éprouvé comme vérité
Les pensées informes et imprécises
Mémoire, corps et mots liés.

Je ne peux pas me détacher
Je cours encore après du vent
Je chasse des chimères
Et je ne sais pas ce qui en moi insiste
Résisté
A l’a-franchissement.

-

Pourquoi l’entêtement à cet unique rivage
Lorsque la conscience se fait fragile
Les défenses désarmées
Au surgissement
À la froide et as-sentimentale splendeur.

Elle s’attache dans une étreinte malade et dépendante
Fiévreuse elle croit avoir trouvé passion
Mais au soir c’est dans son anxieuse solitude
Qu’elle contemple les lumières de son salon vide.

Et chaque manque trop grand se transformant en absences.

A.T.

Acidité

La ville est presqu’au loin, en mille points lumineux, un à un allumé. Ses bruits et ses clameurs ne parviennent point jusqu’ici. On pourrait la croire assoupie, à l’ombre profonde qui l’a recouverte.
L’intérieur bat violemment, au bord de l’explosion, penché, au dessus d’une falaise invisible.
La nuit est arrivée comme un coup. Le noir épais est tombé sur tout, brutalement.
Silence, densité, opacité, totalité.
A contemple le néant. A fixer l’obscurité. A scruter le silence. Attendre que la vie se calme, enfin, presque arrêtée.
La moindre minute semble insurmontable, inenvisageable. Le temps pourrait devenir clos. Le temps pourrait devenir hermétique.
Et les fantômes du passé dansent sous mes paupières.

 

Se terrer en soi-même
Se tapir à l’intérieur
Patienter sagement
Sans mouvement
Juste le souffle
A peine
En vieux refuge
Contre le dehors
Et les aspérités
Dans l’impossibilité
En retenues et rétention
L’esprit attaqué
De toute part
Poreux
Échappé
Une presque agonie
Masochiste
Et méticuleusement assénée
Au comble
Aux restes
Du retranchement.

A.T.

Divagations des rechutes à l’oubli

Faire fondre la peau et les pensées
En une même impulsion amniotique
Dans l’eau tiède
Comme un délicieux oubli
À la surface
Et au dessous
Mouvement porté, ralenti
Ramollir le sentiment douloureux
Dans la mousse odorante et voluptueuse
Adoucir la vie
Amortir les échecs
Oublier les difficultés
Écrasés
A buter
Sans arrêt
Sans cesse
En répétition fracassante
Dans un espace confiné, réduit
Des murs contre l’extérieur
Perdue dans la vaporeuse et trouble buée
Où la conscience se dilate
Engourdie et allongée
En imaginant que tout pourrait être autrement
Interrompu.

C’est presque un songe en bulle
Transparent et léger
Le corps est comme absent à lui-même, élevé
En perception allégée
L’esprit s’est dilué, vague
Dans la chaleur et les effluves entrelacées
L’instant se floute et les pensées se distendent
Un à part bref, intemporel
Une torpeur horizontale, transitoire.

A.T.

Assoupissement

La petite maison de Kilternan
Nichée sur les hauteurs vertes
Douces et allongées
Aux bordures de la ville
Dans une solitude allongée
La vie raréfiée
En début de campagne moelleuse
Etirée
A l’orée de la mer d’Irlande
Étendue

Au soir venant
Au matin naissant
Le noir couchant
Et le bleu levant
Sous le gris presque permanent
Quotidien
En jours multipliés
Comme identiques

Fondue parmi ses voisines mimétiques
Alignées
Les derniers mois passés
Perdue par les journées
Au creux des heures, la pluie et les pensées
Endormies de blanc persistant
Sans promesses
Frôlant l’anesthésie

J’ai attendu longtemps
Le temps s’était trop étiré
Et la désespérance avec
Le sommeil en seul refuge.

A.T.

Pèle-mêle à l’entre-deux

La nuit s’infiltre
Insinuée
Recouvrante
Et sa profondeur offerte
En toile de fond
A composer l’invention.

 

Entre fulgurance et abattement
Polarité
Aux écarts
Dé-guidés
Aux chemins
Extrêmes
Aux opposés
Balancés
D’une perdition
D’une chute
A l’essai
Au dessin
D’une trouvaille
Glissante
Aussitôt perdue
Aussitôt dérobée.

 

Au chassé croisé des manqués
Des ratés
Le temps disjoint
Des instants asymétriques et asymptotes
Des directions in-coordonnées, convexes
De nos vies inégales
Aux rythmes singuliers, irréguliers
Aux contours poreux et mouvants
Dé-liées
On passe à côté
A peine frôlés
Décalés.

A.T.

Décalement

Blottie sur moi-même
La journée à la clarté hivernale
Dans une lumière perçante, blanche
Persistante
A peu à peu décliné
Comme renonçant
Il demeure le froid, implacable et piquant
La lune glaciale a percé le ciel sans nuage
Les montagnes sont maintenant noires, profondes
Et il ne reste en leur cime qu’un liseré
Bleu-vert, adoucit, presque jaune en son extrémité
Laissant le reste de l’immense devenir sans fond et sans couleur
Infini
Quelques points s’éclairent l’un après l’autre
Et la vie semble ralentir, enfin
Je me suis agitée une heure ou peut être deux
Accrochée à une liste survie, suivie
En lignes barrées, au fur et mesure
Pour rassurer la vie et ma conscience en lutte
Contradictoires.

Je poursuis et j’étire la veille jusqu’à son extrême limite.

Le sommeil démesuré et l’inertie du corps
A la place de tout le reste.

Je vis en décalé
À contre-courant.

A effleurer des rêves
Comme une vie ailleurs
Parallèle et décousue.

 

Et les journées recommencent
Similaires
En surface
Une répétition sans faille
En habitudes rangées
A l’enveloppant bercement
Dans la tiédeur des gestes
Et d’un intérieur
Rassurants.

Chaque invité
Comme un risque.

Chaque imprévu
Comme une menace.

A l’imprévisible déroutement
Au chancellement.

A.T.

Omission et avenir

Je voudrais acheter le temps
Retenir
Des heures infinies
Courir après les mots
Définissant
Précis
Les adjectifs multipliés
De chaque chose
De chaque impression
Les regards expliqués
Je voudrais les voyages
Des horizons différents
Roses
Ouverts
Les jours déroulés
Investis
Autrement
Je voudrais habiter ma vie
Son espace aménagé
Au rythme des battements
Le souffle, la pulsation
Vastes
Comme unique décors.

 

J’avais recouvert
Mois après mois
J’avais enfoui
Enterré
Au plus profond
Pour que cela reste loin
Presque imperceptible
J’avais réussi
Une omission
Presque parfaite
Presque complète
Recouverte du pire.

Dépression d’hiver en étés
Le corps ravagé
Et l’esprit assassiné.

Je me concentre désormais
Hors de moi-même.

A la marge de l’effritement
Je me coule dans l’omission.

A.T.

Destin Deux Mille Un

Comme tous les débuts, il est inattendu
Il est tombé sur elle
Massivement
Telle une boue tiède
D’argile
Douce et visqueuse à la fois.

Au début
Ça sent l’éther et le désinfectant
Des étages interminables
Un bloc blanc phosphorescent
Empreint d’un étrange magnétisme
Lorsqu’il s’éclaire
Dans la nuit sombre et précoce de l’hiver
Graduellement
Fenêtre après fenêtre
Et toutes les histoires derrières
Une attraction inexpliquée
Qui l’avait conduite jusqu’à cette nouvelle voie
D’essai, de changement
Tous deux
Radicaux
Elus d’une intuition
Et comme un arrachement.

Il y a des toux, des respirations bruyantes ou hésitantes
Des râles, des contractures
Des agitations, des cris
Le silence et l’immobilité
Absolus
Il y a des tuyaux qui sortent d’un peu partout
Il y a des pas et beaucoup de corps allongés
Il y a beaucoup de blanc
Qui s’agite, court et tournoie
Dans les couloirs aux sols cirés
Aux couleurs moroses
A la lumière blafarde et artificielle
A la chaleur épaisse et étouffante.

C’est avec une certaine appréhension
Mêlée d’une aimantation paradoxale
Encore indéfinies
Infusant son corps entier
Et se diluant dans chacune de ses pensées
Fourmillantes
D’un devenir dont elle n’a pas connaissance
Qu’elle a seulement imaginé
Le peuplant d’histoires et de rencontres
Profondes et signifiantes
Sans rien de moins qu’un caractère d’exception
Uniques,
Qu’elle pénètre l’édifiant édifice
Royal d’indifférence et d’immobilisme
Il semble mener sa propre existence
Étourdissant de sa hauteur
Masse gigantesque et stoïque
Elle, écrasée par son insignifiance
Son corps minuscule
Par l’un des boyau principal
Grouillant de monde
Destins pressés et affairés
Chacun semblant savoir sa direction
Son but
Et ce qu’il a à faire
Un élan mystérieux
Comme une conviction délirante
Une idée héritée et remodelée
Adaptable
Colosse immense
Faisant la vie et la mort
Sans émotion
A l’intérieur bouillonnant
Viscères de béton imprégné.

Elle a vingt ans
Et toute la naïveté de ce qu’elle n’a pas vécu
Cet avenir encore blanc
Elle n’a pas encore idée de ce dont il sera remplit
A part peut-être par les rêves qu’elle s’est formulé
Mais dont elle imagine mal la matérialisation
Et c’est un ciel de Décembre
Au bleu immense, infini
Comme la métaphore de l’après
Vierge et par conséquent prometteur
Qui la voit franchir les portes automatiques
Du rez-de chaussé bas
Ce matin là
Deux mille un.

Elle croit encore que ce changement
Cette illumination
Qu’elle croyait surgie de nulle part
Au milieu d’un après midi
L’année précédente
Était enfin sa voie trouvée
La fin de l’errance
Et du mal à être
Elle était encore sous le coup de la nouveauté
Qui devait opérer chaque fois par la suite
Comme un charme miraculeux
Mais absolument transitoire.
Elle avait donc à cette période
L’enthousiasme débordant et communicatif
Une presque légèreté
Et un sourire vague et flottant
Accroché à son visage
Qui n’était autre que bonté
Mais si l’on y regardait de plus près
On pouvait y discerner
Une subreptice objection
Un trouble
Une nuance
Traduisant sa nature profonde et agitée
Une gravité qui traversait ses traits
Et embrumait son teint clair.

A.T.

A traverser les saisons

Les gouttes de pluie ardente
Comme des ricochets sur le sol brun
Éclairées par les phares
Un faisceau blanc
Phosphorescence

Les gouttes de pluie ardente
En bruit molletonné
Sur la taule mate
Une imprégnation sourde
Dilatation

Les gouttes de pluie ardente
Rideaux et cordes
A travers la vitre
Une trouble hypnose
Assourdissement.

 

Les flocons tournoient
Depuis des jours
Des volutes virevoltantes
Comme en pays antarctique
En se soulevant du sol
Mince couche recouvrante
Le gris froid
Le blanc opaque
Un blizzard enveloppe les airs
Une impression étrange
En calme plat
Malgré l’atmosphère cataclysmique
L’hiver s’est abattu
Soudain
De toute sa force
Implacable.

 

Comment passer l’été
Qui avance
Et dont le ciel trahit
L’approche
Imminente
Traverser la vague
Écrasante
De chaleur
Et d’inertie
Déjà étouffante
Une pression pesante
Sur la poitrine
Engourdie durant l’hiver
Réveillée
Vive
La nature pressante
Surgit
Partout ses traces de vie
Plus fortes
Un autre silence
Verdoyant et monotone
Moins feutré que celui de la pluie amortie
Des grisailles et courbes cotonneuses.

A.T.

Routes

Les longs voyages de nuit
A traverser les routes
Au cœur de l’obscurité avancée
Impénétrable
Perçant les campagnes allongées
Et endormies
Accompagnés
Par le bruit mat et intermittent
Du clignotant métronome
A l’aléatoire
A l’intervalle
Par la berceuse régulière
Des essuies glace
Balayant la pluie fine
Écrasée
En gouttes dilatées
Le son grave et le grincement
Reviennent
Tout un univers transporté
Du souvenir des départs matinaux
Des vacances
Les yeux clos
Le sommeil absent
Quelques lumières oranges et rondes
Perchées au bord
Ponctuant le temps creux
Et l’excitation contenue
Petits rayons incandescents
Fluctuant
Aux heures interminables
Que j’aurais voulu fixées
Éternelles
Étirées.

 

Parcourir les routes
Et contempler les horizons
La douceur des sens
Sensiblement présents
Avec discrétion
Sans s’imposer
Seulement avec légèreté
Voyager en rêve
Être partout
Comme dissoute
Et dispersée
Glisser sur le temps
Survoler les secondes
Et les lourdeurs.

 

Je n’avais rien
Pas de mots
Comme éteinte
Un blanc étale
A l’intérieur
Ecran
Écrasant
Alors que nous passions
D’une région à l’autre
Chemin triste
Sale
Et délavée
Parcours dépeuplé
La vie désertée
Une monotonie était tombée
Une torpeur incontrôlable
Et nous suivions
Le fil vague
D’une longue route
À peine courbée
Par endroit
Alors que je m’adonnais
A d’interminables rêveries
Mon esprit sillonnant
Gagné de paresse
Les tortueux fragments
De la France et de mon histoire.

 

Le corps se crispe
Soudain
A l’appréhension
A l’intersection
Les oreilles assourdies
Brutalement
Comme remplies d’un blanc
Massif et épais
Les pensées vidées
A la focalisation unique
A l’horrifique vision
Aspirante et envahissante
L’espace saturé
D’une hallucination vivide
L’impression d’un irréel
Précipité
S’approchant
Infiltrant
La réalité brutalisée
Pénétrée
A l’incursion
Un rêve éveillé
Vivacité acérée
La vie au ralenti
Bascule
Arrêtée
Un bourdonnement sourd
Le pressentiment du pire
Accident
Le bruit
Le choc
La taule et les corps
Au fracassement
Écrasement
Fracture et dislocation
Au franchissement
Au croisement
A l’intersection.

A.T.

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