Destin Deux Mille Un

Comme tous les débuts, il est inattendu
Il est tombé sur elle
Massivement
Telle une boue tiède
D’argile
Douce et visqueuse à la fois.

Au début
Ça sent l’éther et le désinfectant
Des étages interminables
Un bloc blanc phosphorescent
Empreint d’un étrange magnétisme
Lorsqu’il s’éclaire
Dans la nuit sombre et précoce de l’hiver
Graduellement
Fenêtre après fenêtre
Et toutes les histoires derrières
Une attraction inexpliquée
Qui l’avait conduite jusqu’à cette nouvelle voie
D’essai, de changement
Tous deux
Radicaux
Elus d’une intuition
Et comme un arrachement.

Il y a des toux, des respirations bruyantes ou hésitantes
Des râles, des contractures
Des agitations, des cris
Le silence et l’immobilité
Absolus
Il y a des tuyaux qui sortent d’un peu partout
Il y a des pas et beaucoup de corps allongés
Il y a beaucoup de blanc
Qui s’agite, court et tournoie
Dans les couloirs aux sols cirés
Aux couleurs moroses
A la lumière blafarde et artificielle
A la chaleur épaisse et étouffante.

C’est avec une certaine appréhension
Mêlée d’une aimantation paradoxale
Encore indéfinies
Infusant son corps entier
Et se diluant dans chacune de ses pensées
Fourmillantes
D’un devenir dont elle n’a pas connaissance
Qu’elle a seulement imaginé
Le peuplant d’histoires et de rencontres
Profondes et signifiantes
Sans rien de moins qu’un caractère d’exception
Uniques,
Qu’elle pénètre l’édifiant édifice
Royal d’indifférence et d’immobilisme
Il semble mener sa propre existence
Étourdissant de sa hauteur
Masse gigantesque et stoïque
Elle, écrasée par son insignifiance
Son corps minuscule
Par l’un des boyau principal
Grouillant de monde
Destins pressés et affairés
Chacun semblant savoir sa direction
Son but
Et ce qu’il a à faire
Un élan mystérieux
Comme une conviction délirante
Une idée héritée et remodelée
Adaptable
Colosse immense
Faisant la vie et la mort
Sans émotion
A l’intérieur bouillonnant
Viscères de béton imprégné.

Elle a vingt ans
Et toute la naïveté de ce qu’elle n’a pas vécu
Cet avenir encore blanc
Elle n’a pas encore idée de ce dont il sera remplit
A part peut-être par les rêves qu’elle s’est formulé
Mais dont elle imagine mal la matérialisation
Et c’est un ciel de Décembre
Au bleu immense, infini
Comme la métaphore de l’après
Vierge et par conséquent prometteur
Qui la voit franchir les portes automatiques
Du rez-de chaussé bas
Ce matin là
Deux mille un.

Elle croit encore que ce changement
Cette illumination
Qu’elle croyait surgie de nulle part
Au milieu d’un après midi
L’année précédente
Était enfin sa voie trouvée
La fin de l’errance
Et du mal à être
Elle était encore sous le coup de la nouveauté
Qui devait opérer chaque fois par la suite
Comme un charme miraculeux
Mais absolument transitoire.
Elle avait donc à cette période
L’enthousiasme débordant et communicatif
Une presque légèreté
Et un sourire vague et flottant
Accroché à son visage
Qui n’était autre que bonté
Mais si l’on y regardait de plus près
On pouvait y discerner
Une subreptice objection
Un trouble
Une nuance
Traduisant sa nature profonde et agitée
Une gravité qui traversait ses traits
Et embrumait son teint clair.

A.T.

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