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Archive mensuelle de octobre 2014

Composition

Au dépliement de l’âme
Déroulée
A l’élégance de sa mélancolie
En pages
En mots
Amassés
De tas amoncelés
Comme une douce plainte
Incessante
On dirait une immuable mer
Ses mouvements irréguliers
Perpétualité
D’un message
Qui tente
Qui essaie
Dire
Fragilement
Insistant
Au fil de lignes
Interminables.

La consistance construite
A l’insu
L’écriture malgré soi
La composition tricoté
A l’instinct.

Au delà du vain
Et de l’inutile.

Poursuite déployée.

A.T.

Cliché

Il y avait
Comme un rêve
Comme un conte
Une histoire
Belle
Racontée
La musique
Les paysages
Accordés
Les gens autour
Dehors
Heureux
Et souriants
Comme s’ils savaient
Le mystère de la vie
La façon d’être bien
Les cris des enfants
Dans l’eau
Les marcheurs sculptés
Au pas danseur
Les familles répandues
Sur les pelouses très vertes
Les odeurs de gaufre
Les planches à voile au loin
Le soleil droit comme un i
Et le ciel lavé
Comme un cliché
Net et numérique
Couleurs
Lissées
Filtre pop.

Il y avait
Comme un point noir
Comme un à part
De côté
Sur le tableau parfait
L’Insatisfaite
Insatiable
Goutte d’acide
Consumant
La photographie glacée
Qui se recroqueville
Dans une douloureuse contracture
A partir du point
Qui s’ouvre
Diffracté
Sa plainte
En écho perpétré
Répand
Sa grande calomnie
En longues traînées sales
Voyantes et dérangeantes
Sur son passage dévorant
Funeste .

A.T.

Pagaille

Trio
Infernal tête à trois
En relation bancale
Inégale et triangle
Le feu contenu, trahissant
Par à-coups
S’échappe attisé
Éclairs en flammes de politesse
Les propos en aiguilles
Les regards raclent, agacés
Corrosion douce acide
Le corps s’agite
Crispation
Un jeu de place défendue
Revendication
Les cris silencieux
De récriminations anciennes et innommées
Là où le sentiment s’est abimé
L’estime et l’image froissées
L’enveloppe et l’énergie
En émanations électrisées, nerveuses
Les vieux reproches malgré l’effort
De ne point rompre
Retenues mal mesurées
En déséquilibres
Histoires
A la transposition
De l’enfance répétée.

 

Elles s’énervent
Sans pendule métronome
A la justice équilibriste et tranchante
Sur leur chaise droite
Épaule décalée comme défensive
Retrait
En réponses aiguisées
En disputes frissonnantes
Sans éclats
Sur les mots et la formulation
Chacune de sa peau mal assumée, tremblante
Débordements discrets et incontrôlés
Vibrations en saccades ondulantes
Communicatives
L’amour débordant
En fond de toile
Maladroit
Entre restriction au passé
Et profusion en présent
L’inconfort respectif
Et les nervosités mutuelles
Chacune confondue dans l’écorchure de l’autre
Les points de déséquilibre
Vacillement
Où l’être chancelle
Fragile, vulnérable et entamé
Une proximité délétère
Maladive
Aux conséquences en aspérités débordantes
Comme une plaie qui suppure
Sans bruit mais visiblement
Une distance à chercher
La dépendance
En ajustement
Chacune retrouve sa place
Impartie.

 

Entre maladresse et calme rompu
Une agitation incompréhensible
Secoue chaque parole
Et le corps avec
En tension palpable
L’une ne tient pas en place
Elle nettoie
Elle essuie
Elle range
L’autre est assise
Sur le côté
Elle suit
Elle ne la quitte pas du regard
Elle ne lâche pas prise
L’une se tient le ventre
L’autre a mal à la tête
Chacune veut dire
Défendre
Avoir raison
À tout prix
Comme s’il s’agissait
De sauver sa vie
Et sa peau
En même temps
Comme s’il fallait faire entendre
Une revendication étrange
D’origine inconnue
En détails futiles
Et anecdotes sans importante
Il faut être celle qui conclura
Sans appel
En détention du vrai
Des échanges fébriles
Immuablement répétés, similaires
Invariables.

 

En débordement confus et maladroit
Le vin s’écoule le long de la gorge
Apre
Réchauffant les entrailles
Et les tristesses
L’esprit se relâche
Distendu
Les pensées deviennent élastiques
Le sentiment d’une émergence insistante
Le débordement pointe
Insistant
Affleurant la conscience
Les mots sortent
Brutalement
Bruts et affutés
Dans un bousculement
Presque incontrôlé
Puis les pleurs se rompent
Et les phrases se répandent
Hémorragie
Elle ne s’arrête plus
C’est comme si tout devait être dit
Sorti
En années refrénées, accumulées
Trop nombreuses
Il est impossible alors de mesurer
Retenir
Impression poignardante
Sans interruption
Comme des coups assénés
Sans pouvoir interrompre
Le barrage s’est rompu
Aller au bout
Jusqu’à l’écroulement
Jusqu’à la brisure
La destruction meurtrière
Ajoutant à la peine
Terme et enfoncement
Dans une ultime torsion
Pour se soustraire.

A.T.

Vile conquérance

Fantômes écran
D’une année de cauchemar
De mois enfoncés
Leurs escales à la débauche
Me remontent en surface
Frappante
Ecran fixe
Lancinant
Un sentiment visqueux
Gluantes actions
Excès et promiscuité
Suintants
De souvenirs en éclaboussures
Répétition et déclinaisons
Poignard et souillure
Le bourreau et ses compères
En weekend relâché
Perpétuent la tradition du mâle
Mensonges faussement dissimulés
Perpétués
Comme si de rien n’était
Comme si tout était normal
Une course effrénée
Artifices
Capturer du quelconque et des apparences
Perpétrer la multiplication
Conquérant du ridicule
A l’intime vulgaire
Chosifié.

A.T.

New-York suite

De cet ici magistral, aux imprégnations cinématographiques, où l’imaginé ne déçoit point la réalité,  il faut retenir les cuves étranges perchées sur les toits, chaque marche de perron coquet et arrangé, le long des allées arborées, les échelles de secours en zigzags sur les murs et les balcons qui les relient, comme des ponts, sur le flancs des immeubles, emmêlées, complexes, les lumières innombrables et multicolores, au fil des heures, des saisons et des atmosphères, les petits carrés oranges qui éclairent dans la nuit les buildings longilignes, les vapeurs exhalant leur chaleur étouffante de réconfort et les fumées qui s’échappent épaisses et mystérieuses, des bouches du métro, qui vrombit, qui vibre, en un bruit sourd et profond, jusque dans les chairs, serpentant dans ses interminables galeries sous-terraines, les sirènes hurlantes des ambulances, lancées à vive allure, le bruit du bal ininterrompu des voitures, le jaune luminescent des taxis klaxonnant, la phosphorescence multicolores des panneaux publicitaires, la ville qui hurle, la ville qui chante, la ville qui vit, frénétique et résonnante, les odeurs, les sons, la musique, le vacarme, les passants pressés, les joggeurs graciles, la ville qui ne s’arrête jamais, exaltante, exultante. Comblement et remplissage. Une saturation des sens en alerte, extatiques.

L’immense et le démesuré se côtoient, harmonieux , les pas foulent les pavés striés, lézardés, en bordure du parc, forêt luxuriante et distinguée, frôlant les avenues rectilignes et interminables, au pied des tours élancées, presque sans fin, comme une fierté érigée. L’élégance et la brutalité, dans le ventre chaud et rassurant de la ville. Dans les hauteurs aériennes, à effleurer les derniers étages et le ciel rouge. Jusqu’au vertige, jusqu’à l’étourdissement. A chaque pas, avancer dans l’émerveillement du superlatif et de l’hyperbole urbaine.

Être perdue, submergée. Etre recouverte, engloutie. Dans la masse, gigantesque et impersonnelle. Etre avalée, absorbée. Etre naufragée, coulée. Les rues noyées de monde et d’anonyme, débordantes et torrentielles. L’évasion reste le seul espace ouvert, horizon promesse des regards fatigués, des pensées grises, de plomb, inertes. Pour l’échappement. Pour l’affranchissement. Une anonyme voyagée. Fondue. Au milieu. Alléger. Au cœur. Palpitant. Soulevée

A.T.

Imbroglio

J’ai dans la tête des désordres, des accidents, des maladies, des mélancolies, des souvenirs, des blessures, des interdits, des empêchements, des retenues, des complexes, des timidités, des inconforts, des douleurs, des leurres, des attirances, des rêves, des espérances, des attractions, des blancs, du noir, des teintes, des nuances, des notes, des touches, des creux, des trous, des fuites, des couleurs, du vague, du flou, des profondeurs, des remous, des vertiges, des étourdissements, des anéantissements, des morts, des vivants, des fantômes, des apparitions, des incursions, des virgules, des points de suspension, de la terre, de la pluie, des pliures, des idées, des abandons, des incertitudes, des arcs-en-ciel, de la musique, des livres, des mots, du vide, du vent, du bruit, des nuages, des grisailles, du froid, de la neige, des montagnes, des bords de mer, des transports, des voyages, des exils, de l’inconnu, des peurs, de la folie, de la raison, de la vieillesse, de l’enfance, du passé, de l’avenir, des cataclysme, des lenteurs, des absences, des bouleversements, des émerveillements, des tempêtes, des soleils, des astres, des ravissements, des effrois, des nuits, des aurores, des romans, de la poésie, des personnages, des dépressions, de l’herbe, des cailloux, des lueurs, des adjectif, des souffles, des soupirs, des étoiles, des silences, des confusions, des replis, des froissures, des écorchures, des éclaircies, des orages, des fulgurances, des éclairs, des illusions, des désespérances, des soulèvements, des saisons, des abattements, qui s’entrechoquent, se superposent, se confondent, s’emmêlent, s’ajoutent, s’extirpent, se ratatinent, s’élancent, s’ébrouent, s’épanouissent, s’allongent, se posent, s’endorment, s’éveillent, se disputent, se soustraient , se répondent, s’embellissent, s’agitent, s’enfouissent, se distinguent, s’élèvent, s’aiguisent, se reposent, s’animent, s’éteignent, se tapissent, s’ailent, s’écrasent, s’ajourent.

A.T.

vagues

Lumière
Éblouissante
Blanche
Saccade
Apparitions
Entre les visages
Et le noir
Opaque
Impénétrable
Stroboscopique
Les corps
Agités
Et la vague
Souple, synchrone
Coordonnée
A l’unisson
A la musique enveloppante
Lointaine et floue
Parvenue à la conscience en veille
Seconde
Et le rythme
Sourd
Résonnant
En battements de cœur
Violents
Échoués
Heurtant les os
Brutalement
Vibrations
Contre les chairs remuées
Comme une pulsation
Frappée
Sous la peau
Moite
Confortable et frissonnante
Habitée
Le temps décalé
D’une brève fulgurance
A l’oubli de soi
Pour quelques heures
Trop courtes
Parenthèse
Échappées.

A.T.

A l’écrit d’elle et terre

J’écris
Dans une sorte de soustraction
Absentée

Et je continue
Chaque jour
À bout de souffle et de peurs
Ligne après ligne

Lorsque pourtant
Chaque mot
Peut être blessure
Un regard
Une déchirure
Une atteinte sévère
Une impression de trop
Fracassés contre moi-même
Insinués
Dans chaque pore
Dans chaque interstice
Infiltration contaminante
A l’extérieur corrosif
Ma substance incompatible
Allergique et antagoniste.

A.T.

Arrachement au désert

Je suis déjà partie
Mon cœur n’est plus là
Le corps reste
Comme un poids
En devoir
Et il s’inflige
La persistance
Avec patience
Résigné
Je suis déjà loin
En rêves
Et horizons d’ailleurs
Plus nets
En murmures formulés
Mon cœur n’y est plus
Désertant les terres asséchées
D’un passé dissonant
D’histoires discordantes
A l’arrachement
Comme un désert
Envahit
Conquérant
Toujours plus grand
Toujours plus dévastateur.

A.T.

La petite suite

Elle s’est envolée
Hier
Au-dessus des nuages
Vers sa lumière
Celle qu’elle aime tant
Douce et comme éternelle
Celle qui est entrée dans sa vie
Surgie et balbutiante
Elle est partie
Dans l’après midi
Au loin
Pour un horizon différent
A l’opposé.

 

Elle est bientôt de l’autre côté
Elle a bientôt fait le tour
De la planète traversée
La petite sœur
Vingt-six années déjà
Comme une fille
Comme la mienne
Elle restera toujours enfant
A mes yeux émus
Devenue femme
Surpassée
Agrandie
L’écart s’est réduit
Sans s’en apercevoir
Au fil de ce temps écoulé
Presque survolé
Alors qu’elle s’est épanouie
Grandiose
Et émancipée.

 

Se détacher des choses
Des êtres et des lieux
A prendre des distances
Extrêmes et distendues
Courir après le sable
La mer et le vent
Un amour balbutiant
Presqu’inconnu
Au bout du voyage
Elle s’en va le cœur léger
Délesté
Même si ses valises sont lourdes
De souvenirs, de vêtements et de sa vie
Résumés
Rassemblés
Sélectionnés
Il se pourrait que j’imagine tout
En sublimation transposée
Mais elle s’envole vers le soleil
Elle a disparue au fond du couloir
Brutalement
Courageuse et se tenant droite
Le sourire irradiant
Presque fendillé
D’un ténu craquèlement
Au bord de son vertige
Au seuil de son excitation.

 

De cette traversée du ciel
Éblouissement
Transpercement
A la défiance de l’attraction
Je vois déjà ses mèches blondes
Se fondre et se confondre
A ses cheveux bruns
Sa peau mate
Et ses tenues frivoles, voletant
Les pieds à l’air
Elle va respirer fort
Le sel et la mer
Il fera sec
Dans cette chaleur nouvelle
A l’arrivée
Demain elle sera absente
Partie
Envolée vers d’autres lieux
Chaleur caniculaire
En fond de bleu unique
Un souffle brûlant
D’une permanence étourdissante
Elle aura vogué
Vers d’autres terres
Comme échappée
Demain elle ne sera plus là
Dans cette ville
Quelque part
À prendre un verre
Abritée sous un toit voisin
A rire
Au détour d’une conversation
Absorbée
Dans les rayons d’un supermarché
Demain
Et cela résonne comme une fin.

 

Elle s’en va au soleil, sec et clair, magistral, et triomphant de permanence, vers des terres lumière, vers des terres de chaleur, vers des terres nouvelles, inédites et inconnues. Éclairée de la mer, aux mouvements souples, réguliers de ses flots clapotant et de l’impulsion neuve, à l’attraction, irrésistible. A l’éclaircie éblouissante d’un temps autre, à quelques dizaines d’heures d’avance. Laisser derrière, échapper. Chemins ouverts, sur l’horizon bleu infini. Les traces restent dans le sable, aux pas déposés, elles ne sont plus sur le corps, elles ne tiennent plus les pensées, elles ne s’accrochent plus à la mémoire, apaisée. Elle est comme envolée, sa liberté souffle avec les vents, aux tropiques d’un lointain inconnu, libérateur. Au pacifique exilé, recueillie, comme au creux d’un écrin, précieux et préservé.

A.T.

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