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Archive mensuelle de novembre 2014

Invariance

Je vois la beauté du monde
Violente, directe
Saisissante et submergeante
Comme un cataclysme
Comme un ravage
A en être empoignée
Jusqu’au bouleversement
L’autour et et le dehors
Soulevés
De vagues successives
Frappés
De contractures convulsives
Cette offrande perpétuelle
Gratuite et opulente
Magnifique, majestueuse
En profusion et multiplicité.

Mais mes yeux sont tristes
Invariablement.

 

Déchirer les peines
Une à une
Rompre la solitude
Triomphante et verrouillante
Dissoudre les douleurs
Étalées et envahissantes
Étirer les étroitesses
Et les oppressions
Détendre les enfermements
Et les afflictions.

Pour retrouver au centre
Une éclaircie
Au dégagement
Des ombres tenaces
Et accrochées.

Donnez moi l’oubli
L’allègement
Du soulagement
Des cieux à l’intérieur
Nets, doux et dégagés
Une clairière à l’extérieur
Tendre, vaste et allongée.

A.T.

Dérive et dévoiement

Fatigue
Installée
Souveraine
Imposée
Une lourdeur
Diffuse
Qui pèse
Sur tout le corps
Ralenti
Et la tête
Qui fonctionne mal
En décalage
En retard.

Comme une étrange attente
L’idée d’une explosion
Menaçante
Pressentie
Présente
Pressante
Une nervosité centrale
Qui ne parvient pas en périphérie
La surface n’est que lenteur
Une pesanteur globale
Profonde
Un défaut
De plus
De plus en plus
Perceptible
Invisible pourtant
Souffle court
Cœur décéléré
Et tête compressée
Il y a quelque chose qui cloche
Comme une seconde ratée
Un essentiel manqué
Un dysfonctionnement
En rendement vide.

 

Le chemin des jours
Peine à se faire
En lourdeur laborieuse
Chaque matin
Comme une épreuve
Comme un effort
A la perspective
Comme un rivage unique
D’un effondrement
D’un abandon
Impérieux appel
A l’immobile
A l’horizontal
Le corps écrasé
L’esprit distrait
En démission
Et le mouvement économisé
En miroir
A la réponse insatisfaite
D’une absence
Non remplie.

 

Les pensées qui dérivent
La vie qui s’écoule
Et la substance qui s’évide
Je suis en creux
En espaces troués
L’énergie fuyante
La flamme oxydée
D’un intérieur poreux
Echappé
Il y a quelque chose qui s’absente
En trop
Ou qui manque.

Semi absence
Conscience partielle
Je roule
Vers chaque jour attendu
Routinier
Sans savoir pourtant
Où aller.

Et seuls les ciels
Attirent encore mes yeux
Leur poésie subtile
Chaque jour inédite
Dans une grâce discrètement offerte
En arrangements moelleux
Et couleurs vaporeuses
M’émeuvent
Réveillent mon ventre
Me tirent les larmes
Mon âme sourit
Dans un étirement
Alors presque délicieux.

 

Mon cœur pleure
Engorgés de lointaines et indicibles tristesses
Rompu en longs sanglots d’enfance
De ses promesses à inventer
Et il se serre
Sous des transports élancés
En paradoxes étranges
En pointes acérées
Tendues vers le ciel
Ambivalent
Entre un point bouché
Étau
Une fermeture hermétique
Et l’horizon ouvert
Infini
A défaillir.

A.T

Métaphore et points de butée

Mon insatisfaction est un tyran géant
Impérieuse et exigeante
Ignorant la distraction
Dédaignant mes vaines tentatives
D’exils, de changements et d’exotisme
Elle reste impassible
Reine d’indifférente
A tout ce que j’appose
Au-devant de ses yeux
Secs et désenchantés
Implaccable.

 

Au ventre
En appel
En creux
Chétive métaphore
Du désir avide
Furieux
Symbole
Au désespoir malheureux
Rempli en leurres
Indéfiniment
Infiniment
Toujours plus affamés
Toujours plus affamant
L’ennemi n’est pas dupé
Le déplacement est sans effet
Le comblement absent.

 

Factice ignorance
De surface
En superficie
Du cycle
En répétition
Métronomique et irréprochable
Comme un battement
De cœur régulier
L’ennui
L’insuffisance
Et l’étroitesse
Partout
Rattrapés
Désespérants.

A.T.

Hypnose

Je roule
Sur la route
Longueur monotone
A l’asphalte brûlant
Exhalant sa chaleur
En vapeurs hallucinées
Dans le flottement
D’une fatigue tombée
Abattue
Infiltrée
Au recueil
Des confessions déposées
Les pensées raidies
Denses et compactées
En mur solide
Qui ne laisse plus rien passer.

Le soleil zénith
En plein milieu du pare-brise
Réchauffe mes épaules
Traversant le verre
Piquant la peau
Rougie et découverte.

La vitre descendue
Le vent engouffré
Remplit les oreilles
Bourdonnant
Comme matériel.

La lumière vive et crue
Presque violente
Comme un cri
Pour les yeux
Engourdis
Éblouis.

Et la guitare d’Eddie VedDer
Sa voix hypnotique
Élevées
Dans l’air improbable et flottant
Se frayent chemin
Glissées
Chatouillantes
En ondes lyriques captivantes
Pulsatiles
Entre les couches de péritoine
Vibrant et soulevé
En caresses tortures et délicieuses.

Et je suis presque en dehors
A côté
De moi même
Et du temps
Qui ne s’écoule plus
Soudain.

A.T.

Evaporations

A l’alchimie jouée
Ces mouvements réussis
A l’approche facile, innée
Dans un langage insoupçonné
Que je ne comprends pas
Accroche.

A l’épousé
Au déchaînement.

Quitter la conviction
L’Exception
Abandonner l’Ultime
Et l’Absolu.

Il y a des renoncements
Des abandons
Des délaissements
Des délitements
Aux décisions qui nous échappent
Comme une sorte de prédestination.

Comme un instinct
Une essence volatile
Ou alors une attente nécessaire.

 

Qui lira l’histoire
Derrière les mots
Les délicatesses
Leurs distances
Leur insistance
Avec le contenu
L’indicible vie
Et sa prosaïque écriture
A s’élancer
A s’essayer
De ses timides
Et inégales tentatives.

 

J’arrête la raison
Je fonds dans l’inspiré
De l’instant
De l’envie
Qui pulse
Impulsés
Profus
A chaque seconde
Présence forte
Et marquée
Distinctement.

Oublier le penser
Se défaire
De la distance réfléchie
Pour se noyer
Au mouvement instinctif
Du cœur
Qui s’anime
Palpitant
Emballé
Sous la force
D’un incompréhensible.

 

Comme un savoir
Inné, vital
Se soulevant
Libéré
A chaque battement
Ample et déployé
D’un instinct
Aveugle et sûr
Presque inépuisable.

C’est là
La voie
Indiquée
A l’ouverture

Au saisissement
Empoigné.

Élévation
Et correspondances
Impressionnelles
Et indicibles
Le sentiment
Me rend tout
En un instant
Immuablement conservé
Intact.

A.T.

Vertige et questionnement

Etourdie par le vertige
Des multiples
Des choix
Des possibles
Et des directions
Dans l’étirement
Profusions
Contradictions
Et opposés
A se demander.

Le temps passe
Et ce qui reste s’amoindrit.

Les rêves sont-ils suffisants
Et n’est-il pas trop tard?

Si je pouvais maintenir le mouvement
Au-delà de l’intention
Et des pâles prémisses.

 

Où sont les amours qui agrandissent?
Où sont les amours qui ajoutent?
Où sont les amours qui inspirent?

Celles à travers lesquelles on s’apprend
Celles à travers lesquelles on s’élance
Celles à travers lesquelles on s’étend
A s’éprendre
Entièrement.

 

Je pourrais presque me déclarer
De ce mystère qui m’envahit
De ces rencontres parallèles
Venus d’un autre monde
Dont l’irréalité
Me trouble
Autant qu’elle me ravit.

Coupure franche
Arracher les derniers empêchements
Et faire couler la substance
Enfin émancipée.

Ne plus laisser s’échapper le cours
Attraper le sens
Saisir violemment la vie
Et faire corps
De l’âme
Incorporée

A la ténacité de mes dissemblables.

 

Soudain comme une logique rompue
Un inattendu
Arrivé
Immiscé
Dans la brèche du connu, du familier
Les différences et le temps
Ne sont plus constantes asymptotes
Parallèles immuables
Une réalité surprise
Au cœur d’un évènement
Les repères ordonnés
Bouleversés
Tout s’apprend
Nouveau
Et la petite est devenue maman.

A.T.

Lourdeur et absurdité

Toujours
La peau en douleur
Le corps en excès
Désagréable
Pesanteur
Trop grande présence
La conscience acérée
La sensation affûtée
En picotements
En fourmillements
Disséminés
A la fuite
En tous sens
Au cœur de la substance
Génétique encodée
A l’injonction
Au trop persistant.

 

Dans une indécision équilibriste
Je marchais aveugle
Au bord du précipice
Je ne savais pas
Je ne voyais rien.

Je n’étais pas certaine
De vouloir résoudre l’énigme
Aucune explication
Révolutionnaire
Éclairante
Rien
Ne trouvait à mes yeux
Un sens
Éclatant
Transfigurant.

 

L’absurde me court après
Étroit
Pointu
Telle une bête enragée
Me clouant sur place
Rendant tout mouvement impossible.

L’étreinte de sa morsure
Avide de ma substance
De la moindre envie émergente
Embryonnaire
S’acharne
A ne me laisser aucun répit.

Il se glisse
Dans le creux
D’une inattention
Une seconde de relâchement
Dans les plis
D’une fatigue matinale
Un instant de découragement.

De sa surprise réussie
De sa certitude absolue
En despote ravi
Il s’allonge
Il s’étire
Il se délecte
Au dérapement de mon ensemble
Craquelé.

A.T.




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