• Accueil
  • > Archives pour décembre 2014

Archive mensuelle de décembre 2014

Embruns

Il fixe ses attachements électifs
Maladroit et prisonnier
D’un douloureux inadapté
A la jeunesse inaccessible et inachevée.

Perdu dans ses rêves
Aux intouchables illusions
Il coure encore après des chimères
Naufragé sous les torrents
D’une insatisfaction irrésolue.

Il est embrumé
Noyé de mélancolie tenace
En nébuleuses saisonnières
Qui s’accroche au fond chancelant
Par delà les rudesses
De ses climats instables.

Il est comme sans domicile
Il est comme sans adresse
Il a erré depuis toujours
Il ne s’est fixé nulle part.

Il a couru après l’image
Insaisissable
Inaccessible
Une reconnaissance
Du père aux pairs
A la défaillance.

Il voudrait s’inscrire
Tracer des lignes
Dessiner des courbes
Construire des racines
En fondement
Et à l’encrage.

Absence en hiver
Présence en inconnu
Les mots parfois à côté.

 

Il cherche à capturer l’essence
D’un mystère volatile
Et inattrapé
Dérobé
Sitôt qu’on l’approche
A peine esquissé.

En effluves mêlées
Térébenthine et acrylique
Entêtantes et hallucinogènes
Trouble mélangé
A la conscience ignorante
Étourdie
Engourdie
Juste affleurée.

Et les tâches restent indéfinies
Au regard étalées
Violentes et confuses énigmes
Aux effractions
D’une sinueuse intériorité
D’une tourmente interminable.

A.T.

Confiance

Elle a revu les tortues
Nagé au milieu de leur magie ancestrale
Les yeux en fragile merveille
La peau brunie à nouveau
Les cheveux remplis de sel.

Et ses pas se sont enfoncés
En s’alignant de traces éphémères
Aussitôt balayées
Comme envolées
Dans le sable fin, brûlant
Qui disparaissent sous les vagues
De la mer claire qui efface.

La ville au loin
Sous les troubles vapeurs
En blanches façades mirages
Semblait sans atteinte.

Et la confiance vacillante
En elle, en son corps, en la vie
Malgré ses pensées profuses et emmêlées
Qui s’entrechoquent de luttes et de contradictions,
Elle avait l’impression
L’espace de brefs instants en sursis
Comme volés
Presque irréels
Qu’elle pouvait poursuivre un peu plus
Avancer encore.

A.T.

Au soudain soulèvement

J’ai tant aimé
Jusqu’à la tristesse
Jusqu’à l’extrême
Jusqu’à l’excès
Ce sentiment
Encore discret
Et minuscule
L’idée
La sensation
De son éventualité
Sa présence
Comme une légère effluve
De bouton de rose
Au lever d’un jour
D’un Avril froid
A peine perceptible.

Soudain éclairée
Après tant d’obscurités
Interminables
Et opaques
De ce que j’aurais voulu
L’admiration
Mêlée
Des ressemblances
Étranges attractions
Résonances correspondantes
D’un chemin qui pourrait se trouver
A deux
Illuminé
Des années
L’expérience
Solide et multiple variés
Devant
L’étroitesse
Et la fermeture
Rempart et défenses
A la force de son espace réduit
A développer son intérieur minimisé.

Peut-être
Cette fougue
Animée
Presqu’animale
Par endroit
Et par instant
Et ce regard
Si singulier
Et franc
Sensiblement porté
Sans compromis
Qui fait renaître la vie
Si longtemps éteinte.

Mais je suis bouleversée
Soulevée
Immanquablement
D’un inexplicable
D’une mélancolie
Instinctive
Et intrinsèque
Au sentiment
A peine émergent.

Et j’aurais tant voulu que cela soit possible.

A.T.

Trébuchement

Je décroche
Si vite
En une seconde
Une minute
Pour des heures
Des jours
De la vie
Des sentiments
Des gens
Comme un saut subreptice
A peine esquissé
Presque imperceptible
Comme un pas manqué
Quelque chose qui a raté
Glissé nulle part
Qui aurait chuté.

J’ai la mélancolie tenace
Et l’Idéal sévère
Intransigeant despote
Figeant toute direction
Toute possibilité
Devant chaque pâle esquisse
Chaque ténue tentative
Je demeure sous le coup
D’un tenace anéantissement.

A.T.




Un livre Un jour |
Saffaetcharlotte |
Vis, Vole et Deviens... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les lendemains de la poésie
| Leblogdelpapet
| Cheminfaisant56