Indétermination de l’après

Ma mère est partie
Ma mère s’en est allée
Courageuse et droite
Sa petite valise à la main
Traînant derrière elle
Lourdeur de plomb
Du chagrin qu’elle emporte
Son visage à l’abri des regards
La démarche faussement assurée
Seule, elle a disparu
Au fond du long couloir d’aéroport
Dans lequel elle s’est avancée
Sans ciller
Sans hésiter
Le dos fier
Les épaules raides
Sans craqueler sa composition
Ne laissant rien transparaître
Elle s’est composé une attitude
Pâle dissimulation
Avec elle s’est envolée
Ma dernière attache
La vie d’avant
Et je reste plantée sur place
Fixée
Figée
Face à ce devenir en suspend
Je suis écrasée
Terrassée
Sous le coup de la décision
Ses conséquences
Alors devenues réelles
Devant
Imminentes
De ce départ pris
Il y a trois mois
Dans l’impulsion aveugle et d’espoir
Du possible
Du renouveau
Le sourire sur le corps
La conscience gommée
A la chaleur d’un soleil inédit
En cette terre nouvelle
Au printemps éternel.

 

Le paysage s’est délavé ce matin
Comme une illusion tombée
Il pleut sur Nouméa
Je pleure sur Nouméa
Les arbres croulent
Sous le poids lourd
Des feuilles gorgées d’eau
Les routes humides résonnent
En bruits longs
Les maisons détrempées
De ruissellements sur leurs murs
Tout est triste et gris
Les bleus, jaunes et verts indiscutables ont disparu
Les pensées pèsent en gouttes de plomb
S’écrasant sur le sol
Tel un interminable sanglot
Sans perspective
Au seul avenir de la terre
Martelée
Creusée.

A.T.

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