Archive mensuelle de avril 2015

Au sceau du hasard tombé

Et qui-est ce
En ces marques
Qui définissent
Qui établissent
Comme une vérité
Gravée
Immuable et absolue
Une lettre déchue
A la nature indubitable
Le gain d’une autre
Pourtant
Plus forte
Opposée
Et debout
Ses bras levés aux cieux
Comme une prière
Un élan prometteur
Ne remplacent pas
Le manque
L’exclusion
Et l’in-appartenance
Genre étrange
Indéfini
Défaut
Sans avenir
Ir-reproduit
A l’intérieur
Couvé de honte
Aux apparences de leurre
Trompeuses
Et mensongères.

 

Il fallut avancer
Toujours
Sans s’arrêter
Ni contempler le désastre
Du chantier
Des charniers
Les tissus retirés
Sans trop en dire
Garder le corps debout
Malgré ses trous
Bricolé
Rafistolé
Conserver la forteresse sur pied
Les fissures et craquèlements
Dissimulés
Colmatés
Les peurs et les injustices
Ravalées
Renflouées
Les mots
Les tristesses
Coincés
Rentrées
Dans un global étouffement.

 

Aujourd’hui l’être suffoque
Et sa nature malade
Dépérissant
Le corps se ronge
Dévoré jusqu’au point
Rassemblé
Du silence
Qui recouvre les années
La stature et le masque
Pour faire semblant
Parce qu’on est solide
Fendillés
Comme piqués de l’acide vérité
Les traumatismes
Scandant les battements du cœur
L’un après l’autre
Et se répandant
Jusqu’à chaque infime partie vivante
De l’être empoisonné
Et démenti.

 

Le Je
S’esquive encore
Se grime
Se maquille
Se déguise
Le Je
Se soustrait encore
Tardant à s’autoriser
Peinant à advenir
Introuvé
Introuvable
S’échappant
Par la fêlure
Dans le corps
Sa substance
S’écoulant
Et s’enfuyant
Il glisse
Inattrapé .

A.T.

L’essence ciel

Allongée,
Les yeux clos
Elle expérimente
Dans l’immobilité la plus parfaite
Les tentatives les plus extravagantes.
D’autres diraient qu’elle est morte
Inerte et figée
Sans bouger,
Étalée dans sa majestueuse solitude
Alors que l’ailleurs est partout en elle.
Elle est remplie de visages et de corps
D’aventures qui les mélangent
A la guise de sa fantaisie
Et les animent de mille mots
Dans les décors les plus audacieux et inattendus
Tous lumineux, tous colorés
Formes et variations déclinées
En contrastes milliardaires.
C’est le monde entier
Qu’elle contient
Dans son corps
Dans sa tête
Derrière ses yeux fermés.

Attendrie par ses semblables
Elle contemple leurs rapprochements duellesques
En danses gracieuses et mystérieuses
Aux airs de romances américaines
Dont elle ne possède pas les sous titres
Derrières ses lunettes noires dissimulée
Sur le moelleux canapé retranchée
De sa contemplative et suspensive solitude.

A.T.




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