Archive mensuelle de mai 2015

Grondement

L’écriture m’angoisse et m’agite
Jusque dans le sommeil
Je sais combien je l’ai omise
Négligée
Faite périr
Échouée
Presque laissée pour morte
Sur le côté
Telle une maladie qu’on ignore
Délaissée
Je sais qu’elle vient signer le trait
De l’indicible trouble
L’essence mouvante
Qui rassemble
Sans jamais les figer
Une partie du flot
De la fièvre
Et du torrent
Emprisonnés.

La démesure gronde
Sa rumeur monte
Et m’atteint
En vagues successives
A m’en brûler la gorge
A m’en contraindre les viscères
A m’en serrer les pensées.
Houle violente
Qui me fait tordre
Qui me fait ployer
Sous sa force
Son impériosité
Sous le poids
Sous le coup
De sa répétition.
Et je reste paralysée,
Dans une attente,
Infinie, haletatnte
Suspendue, sans repos.

A.T.

Complaisant néant du vide qui colle

Toujours ce vide, central.
Immense, sombre, insistant.
Tellement, à ne savoir qu’en faire.
Figé dans sa contemplation, au désarroi.
J’ai l’impression d’avoir cherché presque partout.
Presque tout le monde.
Presque tout.
Une réponse, un être, une rencontre,
Un événement, une direction, une justification.
Je ne suis pas douée pour trouver les réponses.
Je n’ai trouvé à leur place
Royalement vacante, éternelle,
Qu’un néant fondamental et blanc, trimbalé au gré des errances alignées.
Une lassitude, une fatigue diffuse, une paresse, une démotivation, une démission.
Et je demeure à l’endroit familier, complaisant, d’une passivité désobligeante, face à l’obscurité, avachie dans des rêves nocturnes, indécemment prolongés.
En incessante répétition, rigoureuse, presque disciplinaire.

A.T.

Errances

Je me suis noyée
En des eaux sulfureuses
Des excès
Abreuvée
La soif de l’infini
Par le vulgaire
Je m’effraie à tournoyer
Et m’étourdir
L’intérieur grondant
De sa démesure
Au cri
A la vie
Tel un cœur battant
Fait sentir sa pression
Palpitante
A vouloir rompre la barrière
Exploser la peau
Par son passage forcé
Violant l’unité
Au délire imagé
D’un impénétrable
Tant défendu
A corps et âme perdus.

Et je me suis sentie seule
Salie
Abimée
Au milieu de cet espace troublé
De vapeur et de fumée
Comme au cœur d’entrailles visqueuses
Dans les battements artificiels
Des destins croisés
A peine effleurés
Et j’ai cherché
De tout côté
Porté des regards désespérés
Aux diagonales
Se terminant en coins d’impasse
Et je n’ai trouvé
Quoi moi-même
Au délabrement.

Mon inconstante magistrale
D’un objet à l’autre
Ballottée
Pourtant chacun m’absorbe
Infiniment
A m’en faire mal
En l’instant où il me tient
Mais dès qu’un autre m’agrippe
Ou même m’effleure
Je suis toute aspirée
En cette nouvelle affaire
Et ma vie en dépend
Et j’en mourrais de douleur
Et d’amour
Parce qu’il est là
Parce qu’il me regarde
En biais
Paresseusement embrasé.

Et tout nous oppose et nous lie à la fois.

Le trait
Dilué
Dans l’ensemble
Douteux
Composé
Au gré des regards complaisants
Des avis consensuels
Du général rassemblé
Une définition unie
Appauvrissant la fougue
Le désordre
Et le multiple diffracté
L’étincelle
Amoindrie
Presque perdue
Sous l’influence
Du paraître délétère
Il faut capturer
Une essence acceptable
En un personnage unanime
Grossièrement banal
Accepté.

Je me laisse encore prendre
Massivement,
Par l’indéfinissable endroit
Où je n’ai place
Lorsque la douleur mord
Et le venin s’infiltre
S’insinue
Et s’étend
A l’ensemble de l’être
En matière de non substance
Confondu
L’intégrité
Intégralement contaminée
Je succombe
Sans appel
Sans nuance
Au poison qui pénètre
Ma vérité
Toute absorbée
En ce point tâche d’huile
Propagé
Palpitant
Et je succombe
Ma dépendance, ma faiblesse
Absolues
A la dévoration du refus
Majestueusement
Sans once de retenue
Ou de scrupule
Dans son parfait détachement
Aux cimes de mon désenchantement
Déchirant les chairs
Saccageant mon âme
Se glissant
Et traquant ma trace.

A.T.

Traces à l’inconscient

Quel vœu
Profond
Informulé
Précédant la vie
Le jour
A leur insu
Inconscient
Inscrivant la marque
Mortifère
D’un advenir impossible
D’une existence mort-née
L’être ne peut s’élever
L’être ne peut s’animer
Lueur absente
Vaisseau épave
Vide
Et sans fenêtre.

Obsession
Tenace et accrochée
Réitérée et entêtante
Au double oublié
Au double répété
Chaque fois en trop
Défilant sous le constat
En erreur
En lettres
En chiffres
Et en consommation
Deux
Instinctif et compulsif
Au fil des années
Déclinées
Sur lesquelles planent
Une inlassable absence
Amputée.

Larme
Au rouge sanglant écoulé
Artificielle
De la vie qu’elle ne contient pas
De la possibilité au jamais
Rappel en promesse avortée
A la tristesse recueillie
En une seconde de plomb
Manifeste
Matérielle
De ce dont elle est vide
Du rien qu’elle porte.

A.T.

A l’assouvissement des intentions

Épancher la soif
Par Celui qui la provoque
Comme au temps de la Révélation
Première
Brutale
Rallumant la fougue intériorisée
L’enfermement
Rompu
Tel un enchantement levé.

Un réflexe
Un échappement
Collage
Presque à l’insu
Épouser
Les contours
La forme
Et l’intérieur
Débordant
Deviné
Se fondre
A se confondre
Comme une acceptation
Dissoute dans le semblable
Etre même
Etre un seul.

A.T.




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