Brèves en réponses

Lorsque tu m’a demandé
Ce qu’elle pouvait être
A l’orée d’un doute inquiet
La différence
Je te réponds
Son explication
Infime
Et pourtant
Sans mesure
Ramenée
Au point
Central
Minimal
De la nuance
Essentielle
A peine perceptible
Et inestimable
Qui ne souffre
Aucune brèche
De comparaison
Avec ce qui la précède

L’incarnation
Au-delà
D’une séduisante idée

 

S’allonger
Dans le paradoxe
L’insignifiance de nos vies
Alors qu’elles sont si précieuses
Pour trouver
Comment s’accommoder
A l’idée
Et son indiscutable fragilité
Les questions soulevées
Flottant sur l’aube
D’un début augural
Et inattendu

 

Le sentiment s’aile
Et palpite
Tel un éphémère translucide
Fragile
A se faire existence

 

La vulnérabilité
Brusquement s’infiltre
Éclose au cœur de l’être
A la dérobée
D’un impromptu
Et sa délicieuse délicatesse
Tombé sur l’acquis
Les tenaces habitudes
Et les arrangements tacites

A.T.

Balancements dans l’espace des mots où l’histoire échappe

Les aspirations grandissent
Aux heures où les tristesses s’assoupissent
Mais ne s’effacent pas pour autant.
Et les inquiétudes se multiplient
En revanches.
De la vie.
Du sursit.
Comme quelque chose qui s’échappe.
Chemin frayé.
Un inévitable.

 

Quels détours alambiqués
Dessous inavouables
À quels instants précis
Nœud décisif
Tordu
Se définit
Cette attache
En dépendance malade
Et persistance butée
Presque masochiste
Sur la voie d’un désir brouillé
Opaque comme un rêve
Abîme à l’origine
Les chemins de travers, torturés
Hésitants
Brume
( Où je t’aime )

 

Point de départ,
Ligne en cercle
À la croisée des mots
Entre deux langues
Il y a le passage
Remous
En vagues
De l’innocence à la tristesse
De la désillusion à la renaissance
Renouveau
Lorsque l’une
Laisse place à l’autre
Teintée,
Sur le chemin des variations
Couleur mille facettes
Nuancé
L’une commence
Là où l’autre s’arrête
Pour retrouver les sources
Aller-retour
Comme une valse magnifique
Renouer avec le cœur
Milieu origine
L’autre
Grâce à l’une

 

C’est les mêmes mots
Qui reviennent
Qui insistent
Mais qui m’échappent
Je suis sourde à leurs cris
À moi-même
Je ne les vois pas
Réapparaître
Tant de fois,
Répétition
Monotone
Et régulière
Je me ferme à eux
À moi-même
Hermétique
À leur incursion
Dérangeante
Et parfois douloureuse
Je les sens
Comme pour la première fois
A chaque fois
Sous la plume
Et moi-même
Où je tente d’éclaircir
Et de retenir un peu.
J’ai peur de ces jours qui passent,
Lorsque l’absence s’habitue,
Mes craintes s’énervent,
C’est un infini métrage,
Qui se déroule
Sur la toile de nos fragilités.

 

À demi prise,
Entre deux,
Inconfortable,
Liberté au hasard fuyant.
Surement.
D’un côté,
Plongée à la vérité dissimulée,
Peut être.
De l’autre,
Je me tiens à distance,
Sur les berges
Des territoires optionnels,
Sans toujours savoir être,
En désarmant constat.

 

Grisée de l’illusion,
D’une liberté étrange et pauvre,
Je contemple au dehors,
Les ciels bleus ensoleillés des jours allongés.
Il y a comme une quiétude,
A travers la fenêtre,
Les branches frémissent et se balancent,
Sans bruit.

 

C’est comme flotter,
A demi consciente,
Dans une sorte de rêve éveillé,
Une hésitation constante,
La lenteur mêlée d’une urgence,
Je mets les jours bout à bout,
Continuité effrayante,
La vie qui se demande,
Sans souffle.

 

À travers la vitre au verra glacé
J’entrevois le ciel bleu
Au vif
Au profond
D’un été manqué

J’ai oublié en chemin qui j’étais

Les éclaircies sont rares
Et le froid perce ma peau jusqu’aux os
Je ne parviens plus à me réchauffer

La pesanteur
Au cœur de cet Août exilé
À défaut d’être au dehors
Accable chacun de mes mouvements
Chaque battement de pensée

Dépression
Au profond d’une banlieue grise
Aux promesses vertes mensongères
Ma vie à chaque seconde
En pente
Saisie déclinante
Vers un automne dont la tristesse
N’égalera pas
Celle qui me frigorifie
Mais ne jurera plus avec elle
Dans un accord tacite

L’été à Dublin sera loin derrière

 

Coller chaque morceau bout à bout
Comme le roman d’une histoire
Chaque bout est un mot
Créer quelque chose
Laisser une trace
Un écrit
Que le désastre
Ne soit pas fin, ne soit pas vain, ne soit pas mort
Laisser une porte
Entrouverte
Une pâle lumière
Un frêle espoir
Je suis partie il y a quelques semaines
Tu avais disparu
Depuis longtemps
J’ai engagé une lutte passive
Un combat fragile et douteux
J’étais la seule
À essayer d’écrire
Lorsque tu t’effaçait peu à peu

 

Ces journées
Aux apparences délicieuses
Me laissent un goût amer
Et quelques larmes sèches,
Elles glissent sagement
Sur mon âme trouble,
Sur ma vie en questions,
Rien ne se passe
Que l’interminable attente,
Points de suspensions.

 

Je change
Dans ma tête
De lieu
D’avis
L’occupation
Je cherche
Toujours
Autre chose
Meilleur
La direction
Je perds
Les gens
Ma raison
Un cap
Le sens

 

Je voudrais que la nuit dure
Et les heures s’arrêtent.
Saisie hors du temps.
Une étreinte suspendue.
Où il n’y aurait ni angoisse,
Ni réveil,
Ni lendemain.
Tous les mots seraient trouvés
Et le sens avec.

A.T.

Lointaines effractions du doute aspirant

Comment changer
Les pensées indépendantes
Déités intemporelles
Opérantes dictatrices
Érigées
En colonnes de marbres
Sans fin
Vers le ciel
Enracinées
Dans le socle profond
De la persuasion
Certitude inébranlable

Qui s’imposent
Infiltrées
Entre chaque volonté
Pulvérisant la contradiction
Noyant la révolte
Le joug tortionnaire
Forçant
Le centre fragile
La nature ajourée
Tendre
A la muselière
L’armure
Le fer
Comme seule empreinte

 

Je me demandais ce qui m’avait pris
Au matin légèrement douloureux
Clouée au matelas
J’aurais voulu m’y confondre
Fusionner avec le concret matériel
Avalée par la matière
Si loin
Les raisons me semblaient floues et obscures
Et je ne voyais aucune explication raisonnable
Et je ne dissimulais aucun sens transcendant
L’impulsion, soudain stupide
Et le geste absurde
Un cri de désespérée
Dans le vent couvrant qui étouffe sa portée
Personne ne regarde
Confondue dans l’espace

 

Mes paupières sont des murs
Bétonnés au-devant des yeux
Elles forment un bouclier de plomb
Hermétique et perméable
Tel un bunker
Gardant confiné
Le cerveau poreux
Malade et abîmé
En ses bords fractals
Atteints
Retranché en son centre le plus minimaliste
Avant que l’épidémie ne se propage
Gangrénante
Jusqu’à sa perte, totale
Il sait que la vue est son ennemi
La moindre contemplation le pulvérise
Brûlé au vif
Réduit à cendre
Tapi comme une ombre frêle
Il implore le sommeil
Seul soulagement à son calvaire
De le garder enfermé
Dans un espace restreint
Noir néant

 

Les choix
Refaire le chemin
Et se demander
Les points de rupture
Ce qui aurait pu être
Différent
Ou meilleur

Coincée
Dans une attente
Qui semble
Éternelle

Chaque jour
Penser
Que cela pourrait être
Autrement

Chaque soir
Le constat
Désarmant
Qu’il n’y a qu’enchainement

Le manque de courage
L’élan endormi
Arrêté
Dans un temps
Inlassablement étiré

La fatigue
D’être soi
Ou plutôt
De l’absence de soi

Un enlisement
Sous le poids
Des années empilées

J’ai perdu la foi
Si je ne l’ai jamais eu
Je ne me souviens pas

Et la fragile certitude
Qui persiste
Insistante
Comme seul guide muet

Je contemple
Ce qui est
Insignifiance

Je m’écroule
Sous le constant constat
De l’échec
Et de l’inertie
Qui se perpétuent
Sans mouvement
Sans sursaut

A.T.

Traces ensommeillées de l’esprit vagabond

Je me réveille
Dans cette paresse
Alourdissante
Scellant les paupières
Baignée
De ta présence
De cette vie partagée
Qui n’existe pourtant pas
Et tu m’accompagnes
Aux graduations lumière
Du matin qui perce
Comme insinué
Sous ma peau
Et chaque mouvement
Fait sentir
Cette place étrange
Que tu prends
Sans le savoir
Et les heures s’allongeant
Tu t’estompes
Dans un discret étirement
Sans jamais me quitter vraiment
Une transparence
Superposée
Au jour qui passe

 

Je te croise en rêve
Et ta présence m’éclaire
Me baignant d’un halo
Qui m’élève
Au-dessus des noirceurs
Au-delà des questions
Le doute de dissipe
Et je suis remplie
Du plein
Et de lumière
Transfigurance
Et irradiance
Je deviens presque immatérielle

 

Le manque me trahit
Et j’imagine
A mon insu
Des perspectives inspirées
Proximité projetée
Les impressions dérangeantes
D’une attirance immense et instinctive
Et les peurs
Insidieuses
Où je m’immisce
Et me décourage
Mon être rapetissé
Dans une soudaine nudité
Abstraite
Sous la lumière sans indulgence
Du regard inventé
De cet autre inconnu

A.T.

Mélancolie-murmure des traversées hivernales

Intemporelles douceurs
D’un Octobre de nulle part
Arpentant les couloirs aux paquets grinçants
D’une obscure bâtisse surannée
Mes impressions s’éveillent
Les heures s’étirent
Paresseuses
Bien loin après minuit
Le calme écrasant
Mon âme s’agite
Des souvenirs que tu lui inspires
Malgré la nuit sombre de jais
Mon sourire rayonne
À en faire jour
Songes galopants
Tous tes mots flottent dans l’air
Et se cogne au plafond de mon âme dans un éclat de rire
Cristal et arc en ciel
Les sommeils s’alignent derrière les portes
Je suis éveillée comme jamais
Chaque battement de cils, de cœur et d’horloge
Est plein du sens dont tu m’as fait l’offrande
Il n’est plus de vide
Le noir et le silence n’ont plus cours
Ni en hiver, en cette nuit et ces lieux
Ténébreux
Il est un soleil étonnant
Éclatant comme de toute éternité

 

Les traces blanches vaporeuses
Laissées par quelque avion
Dans les ciels bleus vifs automnales
Rayent mon cœur
Lui passant dessus
Réveillant une vieille douleur
Que je ne saurais définir
Blessure aux contours à peine esquissés

Les cimes dentelées des hautes montagnes sans neiges
Aux confins de la ville
Écrivent de longues phrases
Dans une langue étrangère et fascinantes
Paroles inconnues

Le soleil d’octobre
Perce la journée
De sa luminosité immaculée
Laissant croire à une netteté sans nuages
Comme si tout semblait limpide
Au dehors comme dans nos âmes

À la fenêtre de ta vie
Je contemple ce jour inattendu
Au dessus des toits de briques rouges
Dans un calme suspendu
La grandeur de ce qui se déroule au delà de mes yeux
Majesté sans nom

Des heures tricotées d’inhabituel
Je suis perchée sur les mots que tu m’as confiés
Rien n’a jamais été de la sorte auparavant
Et tout l’univers nous donne inexplicablement raison

 

Un froid brutal s’est abattu sur la ville et dans les âmes
Rattrapée par de vieilles blessures oubliées
Le soir est tombé trop vite
Les cœurs sont lourds des secrets longtemps cachés
Une soif furieuse qui n’aurait aucun fond
L’envie sourde de panser les douleurs lointaines
Que les pensées s’écrasent
Dans un tassement salvateur
Où le bruit s’assourdit enfin
Et seuls resteraient alors clameurs et lueurs
En ces heures hivernales
Lorsque les nuits tombent si soudainement
J’ai le mal qui m’enserre les songes
Assombrie, je suis encerclée
De toute part il ne reste que frimas
Fêlure argentée
J’ai marché un peu
Mais le vent glacial n’est pas venu à bout
Des tristesses tenaces
Plus vives que jamais
Il les a ramené
Réveillées

 

La nuit d’un poétique solstice
Rien n’est arrivé
Pas un râle survenu
Pas même une âme surgie

Il a fait sombre
Les ténèbres étaient bien là
Mais le vide et le silence
Dévorants, effrayants
Sont restés les seuls maîtres en ces lieux prédisposés
Érigés telle une invitation

Le clocher a sonné minuit
Le vent s’est levé
Et la brume a recouvert la cour entre les arbres
Mais Octobre n’a rien apporté à Novembre
Pas même le mouvement d’une intention

Un habituel ennui
Ritournelle rituel
Il n’y a point eu de rites
Pour ramener l’absence à nos souvenirs
Morne pesanteur

Il est quatre heures
Tout dort
Tout de plomb
Inerte
J’ai fini par abandonner
Il n’y avait rien à scruter ni attendre
Je me suis endormie

 

Telles les feuilles tombées au sol
Et dont la première lune d’hiver
Fait miroiter d’une lueur pâle argentée
La face assoupie
Les milles facettes des questions sur l’après
Reflètent les inquiétudes assaillantes, débordantes
Et se bousculent au seuil des pensées en folie

Je ne sais que sera demain
Se pourrait-il que tu le fasses?
Si la patience était suffisante
Si les mois écoulés l’étaient aussi
Les sentiments ne devraient pas constituer la limite

J’ai réussi le test de toutes les vérités
Restant bien souvent terrassée
Mais je reste sans acquis
Et rien n’est moins certain que le pourquoi

 

Les bourrasques nocturnes ont balayé les nuages
Mais les cieux de mon âme en restent couverts
Les innombrables étoiles
Sont autant de points sur lesquels je bute
La musicale mélancolie
Glisse sur les heures
Je vogue sur le navire
Des pensées fluctuantes
Leur ressac afflue aux confins
De ma conscience troublée
La brisure de leur flottement
En vagues mouvantes sur un sable écume
Jamais je ne capture leur précise nature
Je ne sais leur fond
Et ne fais qu’affleurer des contours insaisissables

 

L’automne est tombé
À l’hier d’un soir
Il pleut dans les rues
Larmes des tristesses passées
Les feuilles jaunes
Rire amer des trahisons
Tombées sur les boueux pavés
Des pas écrasés
L’honneur bafoué des femmes amoureuses
Gris épais alentour
Seules quelques lumières timides et paresseuses
Filtrent derrières les vitres embuées
Perçant le sombre vide
Je promène les peines
Au cœur de la vieille ville
Telle une indésirable
Infiltrant ses interminables longueurs
Marchant sans me diriger
À la direction
D’une errance sans hasard
Délétère solitude
Intruse
Je cherche son centre
Comme à l’extérieur
Je cherche à l’atteindre
Je l’entends
Il est proche
Palpitant
Mais jamais ne le trouve
Mais jamais ne le distingue
Il est sauf
Lorsque je décline

 

Les branches frêles et nues des arbres
Tendues vers le ciel
Sont comme mes bras
Des appels vers l’immense sans réponse
La pâle lumière
Des vieux réverbères qui longent l’allée du parc
Sont comme la diaphane lueur de mon âme
Qui espère dans la nuit
Les floconneux nuages
Éclairés de la froide lune
Sont comme mes pensées
Élimées à l’idée de ne pas être dans ton ciel
L’herbe sale
Piétinée par les rudesses hivernales
Est comme les promesses
Qui ne poussent plus dans mon cœur raviné
Les étoiles de papier
Découpées pour orner les vitres tristes
Ont les pointes acérées des phrases
Qui ne disent pas qui je suis pour toi
Et ma cigarette se consume
À la lenteur de ma vie qui t’attend

 

Le froid m’a transpercé
Jusqu’aux os
Glacée
À travers la grande fenêtre
Un fin grillage
Croisé
J’ai vu l’épais brouillard
Il a tout recouvert
Implacable linceul
Cigarettes consumées
Bien nombreuses
Le cendrier d’acier a débordé
Une lourdeur incommode
Sur ma tête est tombée
La peinture sale
S’est effritée
En haut
Sur le vaste mur
Nu
Pensées en marécages
Les sentiments se sont fissurés
Un cœur percé
La vie s’en est presque allée

A.T.

L’autour épousant le centre

L’ongle de lune
Sur la nuit du ciel
Est revenu
Dans son clin d’œil espiègle
Dans sa virgule poétique
Sa mystérieuse plénitude dissimulée
Souligner
Les phrases qui s’agitent
Pressantes
Le sentiment auréole
Qui me porte
Et qui m’éclaire
Nos reflets accordés

 

L’île est détrempée
Depuis des jours
La pluie déverse
Son torrent larmoyant
Et c’est un bruit tendre
Que le cliquetis des gouttes
Qui perlent sur les tôles
De l’eau en forme de corde
Qui frappe le sol ramolli
Des flaques
Qui ruissellent sinueuses
Et serpentesques
Sur l’asphalte noyé
L’humidité suinte
Comme une âme pleureuse
Au son violoncelle
Et perce jusqu’aux os
Jusqu’au cœur des pensées frileuses
Et devenues grises

 

Une temporalité monotone s’est installée
Comme une veillée qui s’étire épuisée
Dans le moelleux du ciel gonflé
Dans une spongieuse atmosphère voilée
Où les paupières voudraient s’écraser

 

Le ciel s’est alourdit
Gonflé de nuages
Prêt à tomber
Se rompre
S’écrouler en lourdes gouttes
S’écrasant sur la chaussée brûlante
Faisant sortir
Les odeurs de terre mouillée
De niaouli sec
Les feuilles gorgées d’humidité pesante
Le ciel s’est grisé
Plus haut que les couvercles de métropole
Dans une tristesse différente
Plus lente
Diffuse et paresseuse

 

Mes nuances clair-obscur
Deviennent un prisme magnifique
La palette aux mille couleurs
A partir de laquelle
Je renoue avec l’existé
Le sensible
Et ma singularité
Je dessine des tableaux abstraits
Qui soulignent
Toute la beauté dont je suis emplie
A partir d’une simple impression
Comme un sentiment délicat
Tissé de promesses démultipliées

A.T.

Envol sur la brèche de l’écriture

Les parallèles en dehors
Espaces et écriture
En temps abstraits
De vies regroupées
Irréelles
Volatiles
Un souffle
Un clignement
Évaporées
S’accrocher
Les poings fermés
Quelques instants
Inexistants
Retenir
La réalité étrange
Des parallèles en dehors

 

L’écriture
Partout
Présence perpétuelle
Omniprésente
Remplissant l’espace
Compacte et pulvérisée
Matérielle
Charnelle
Et volatile
Du corps
D’esprit
L’écriture instantanée
Qui respire
Qui bat
L’écriture
Rythme du temps
Seconde après seconde
Scandée
Alignée,
Calque
De la pensée
Du sentiment
Des impressions
Qui se déroule
Qui se fait
Qui n’existe pas encore
Son ombre
Et son éclaircissement

 

La retenue
Des mots
De l’expression
Contenue
Sublimée
Atténués dans leur dureté
Vérité centrale et corporelle
Le déroulement
Des pensées viscérales et violentes
En poésie de fil fragile
Adoucir la brutalité
Conserver la beauté fugace de l’élan

Déploiement
L’image au dehors
Esthète exigeante
En lignes parfaites et contours épurés
L’écrit
De l’intérieur vorace et monstrueux
L’éprouvé

Et les fragilités
Les creux
Les mouvances bipolaires
En errances traversées
Sur le fil des jours déclinés
Deviennent la sève prolifique
Guidance brillante et sublimante

Le tracé éclairant
Déchirant l’obscurité

 

A l’écoute de l’être,
Le murmure profond
Insuffler
L’interstice
Nécessaire
Au passage
Du fil
Déroulé
Jusqu’au centre
Minimal
Signifiant
De l’essence
Révélée
Retrouvée
S’y attacher
Son sens délicat
Énigmatique

Prendre la mesure
De l’importance
L’Essentiel
Ce qui éclaire
Le feu
Ranimé
L’âme
Ressuscitée

 

Devant la rencontre
Je suis comme en déséquilibre
Sur un fil
Sans pouvoir faire un pas
Immobile et silencieuse
Le vide au-dessous
L’idée de la chute
L’inconnu, l’inédit
La surprise, la réussite
Et je ne sais quel possible
Me serait le plus dangereux
Et me laisse sur place
Figée

 

Je marche
Sur une ligne étrange
Et chaotique
Équilibriste
Ma vie
Au-delà
Fragile et frémissante
Un pas devant l’autre
Réguliers mais hésitants
Funambule
D’un mystère
Au-devant
Inconnu
Chancellement de l’être
A peine
La contracture
Imperceptible
De l’âme
Qui doucement
Se soulève
Agrandie
De l’ouverture
Qui se dessine
A protée de regard
Je balance
De hésitation
A l’attraction

 

Demain merveille
Tu restes en suspend
Mille promesses
Et devenirs multiples
L’attente
Toujours du prochain
Autant de chances répétées
A se demander
Au bord
Quand je prendrais mon tour
Pour sauter
D’abord d’un pas
Subreptice basculement
A peine une légère inclinaison
Du mouvement en avant
Quand je pencherais
De quelques millimètres
Suffisants
Décisifs
L’intention
Enfin matérialisée
Par le geste objectalisé
De l’essai
D’une tentative

 

Malgré les pauses
Les interruptions
Remplies de bruits
De courts circuits
Cela se poursuit
La vie
Sous terraine
Malgré les distractions
Et les étourdissements répétés
Le flot constant
Aux mêmes courbes épousées
De la respiration
Du battement
Le cours ininterrompu
Comme une possession
Parasitaire
La pulsion
A se faire
A s’écrire
L’intérieur réveillé
La voix perpétuelle
Qui tourne autour d’un centre imprécis
Impossible à dire
A éclaircir
La répétition du geste
L’acte
Qui se perpétue
Et le fil infini d’un contenu déroulé
Qui dirait inlassablement
Les contours vagues
D’un essentiel inattrapé
Jamais pleinement saisi
Inexplicité

 

Ils sont fragiles
Ces instants
Comme un interstice
A peine ouvert
Dévoilé
Lorsque je suis agrandie
Du souffle vital
Cette tension magnifique
Vers un immense
A l’indescriptible saisissant

 

Il y a
Ces élans
Lorsque le corps et l’âme
Semblent se soulever
Ensemble
Dans un mouvement gracieux
Léger
Le champ d’un horizon
Ouvert
Libre
Et les possibles s’élevant
Comme la trajectoire
D’un soleil majestueux
Plein

Une élévation
Presque mystique
Inspirée
Venue de nulle part
Gratuite
Un transport magistral
Du tout embrasé
Saisi dans une reliance parfaite
Aérienne

Et la magie s’impose
De l’intériorité
Soudain
Devenue poésie
Élégance d’un trait érigé
Vers les cieux
Dégagés
Des possibilités
Multipliées
Et les mots
Sont des oiseaux légers
Pleins d’une grâce inspirée
D’expressifs amis
Des cailloux précieux
Recueillis
Sur un chemin clair
Dont la trace se dessine
Sans ombre
Fluide

Je voudrais m’y étendre
Avec quiétude, douceur et complaisance
Je voudrais y grandir
Sereine et assurée
Je voudrais m’y éterniser
Sans retenue
Réponse ultime
Rayon d’absolu
Éblouissement

A.T.

Flottement aux impressions parallèles et volatiles

J’existe
Soudain
De cette seconde
Un bref regard capturé
Et un monde immense
Inventé
Qui se dessine
Je suis prise
Sous l’emprise
D’une impression
A l’intensité promesse
Aux perspectives intemporelles
Hors dimension

 

Je me glisserais volontiers
Dans les draps
De cette réalité de côté
Qui n’existe point
Parallèle
Dans mon imaginaire
Et mes pensées délirantes
Qui dansent
Endiablées
Sous le flot de l’enthousiasme
Je me collerais sans retenue
Libre et enfiévrée
Le long de sa peau
Hypnotique
Par la force de mes projections inventées
Je me fondrais avec ferveur
Sous les épaisseurs
Qui nous séparent
Et nous tiennent éloignées
De distances en silences
Que je voudrais faire voler en éclats
Rompant leur retenue inutile
Les précautions obstacles

 

Je peux m’éveiller
Une seconde à peine
Dans cet espace
Volatile et délicat
Impression aérienne
Je reviens à moi-même
Et je retrouve
La présence
Habitée
L’éprouvé
Vif
Le regard
Aigu
Expansion
En mouvement fluide
Intériorité projetée
De la matière à l’évaporé
Vers l’extérieur solide
Magnifié

 

L’idée
Légère et volatile
S’immisce
Et s’insinue
A mon insu
Infusant mes pensées
Pénétrant mes rêves
Je suis baignée
Par son sourire
Je suis gagné
Par le ciel glacial
De ses yeux
Grands ouverts
D’enfant curieux
Son corps m’appelle
Et sa peau exhale
Une chaleur qui m’attise
Mystérieuse attraction
Dont la violence
M’attrape le ventre
Et prend ma volonté
Crochetée

 

Je me nourris
D’une image
Seule et isolée
Qui flotte
Mon esprit flouté
Envahi
Par tout ce qui se compose
A partir de ce fictif cliché
Un instantané
Emprisonné
Dans l’écrin précieux
De mon cerveau émotionnel
Un rêve méticuleux
Et vaporeux
Je m’élève
Le corps léger
Mes pensées se balancent
Oscillantes
Et je joue les suites
Improvisées
J’invente un instant
Une histoire
Des vies
Où je succombe
Entière

 

Glissant dans un temps parallèle
Emprunté à une réalité singulière
J’existe
Soudain
De cette seconde
Un bref regard capturé
Et un monde immense
Inventé
Qui se dessine
Je suis prise
Sous l’emprise
D’une impression
A l’intensité promesse
Aux perspectives intemporelles
Hors dimension

A.T.

Élévations au hasard prodigue

Je roule
Vers cet après midi
Venant couronner les divagations douces
Et les rêveries reproduites
Pendant les jours creux
De suspension
De la vie parallèle
Avec cette appréhension
A la sensation palpable
Du plein qu’elle instille
Dont elle palpite
Jusque dans les tempes
Plus qu’un bruit
Sourd
Une présence mate
Manifeste
Cet après midi
Chargée d’une résultance insoupçonnée
Et dont la simple évocation
Approchante
Me remplit d’émois
De confusion
Et d’impressions disparates
Sous la peau l’excitation
Pulsation écho
Battements miroir
Qui se contient à peine
Comme si j’allais me rompre
En mille éclats de rires multipliés

 

Le sentiment se fait
A mon insu
Depuis le rêve
Jusqu’à l’absence à moi-même
Se renforçant
Comme les eaux sous terraines
Grondantes
D’un torrent à venir
Il se poursuit
Lorsque je n’y prête aucune attention
Entre veille et sommeil
Dans chaque espace interstice
Pour éclater en plein visage
Alors que je ne l’y attendais point
Son indéniable intensité
Grandie, épaissie
Du silence et de l’inconscience
Réalité indiscutable
Explosant
Dans une fierté dérangeante
Où ne je suis qu’objet docile
Conquise
Malgré son incontenance
Son débordement

 

Le flux
La sève
En fourmillements
Diffus
En grondement sourd
Comme un battement lourd
Frappant
Sous la peau
Régulier
Un gonflement déployé
Qui m’allège
Qui me grise
Les pensées
Dans un envol majestueux
Vers les hauteurs infinies
Je vis
De ce souffle neuf
Qui m’agrandit
Qui m’élève

 

Plus je lui donne épaisseur
Justification
Et expression
Plus sa réalité s’amplifie
Comme sans limite
Je le décris
Je m’y attarde
Scruté
Décomposé
Je suis son extatique fervente
Je succombe sous sa séduisance
M’évapore de sa prodigue nourriture
Je deviens un éclat de soleil
Le fond du mur de mes pensées
Pastelisé
La noirceur fondue
Dissipée

 

Je voudrais te retenir
Je voudrais te dire
L’immense
Et l’idéal
Tout l’excès déversé
A chaque instant
De ce que tu m’inspires
T’adresser
Ce débordement
Qui résulte
De trop l’avoir contenu
De n’avoir été entendu
Le sentiment
En écho échoué
Qui jamais ne se rompt
Nulle part pour s’arrêter
Et se répéter
La dérive éternelle
D’une rencontre manquée

Je voudrais t’écrire
Sur la toile d’un ciel sans limite

J’ai le plus bel univers
Sous mon regard
Sous ma main
A portée du regard
Et je le déplie
En mots constellations
Sur des pages horizon

A.T.

Noirceurs impressionnistes aux incursions pointillées d’un passé régulier

Les jours monochromes
Ma vie n’a pas pris de direction
Asynchrone
Remplie aux hasards
Qui se présentaient

Les pensées grises
Les idées noires
Comme des masses solides
Comme des blocs immenses
Totalité de l’espace
Encombré

Fermer les volets
Pour ne pas voir
Au fil des jours
S’accumuler
Les manifestations
De la vie
Démissionné

L’ignorance appliquée
Les regards et les attentions
Sélectifs
Abandonner les obligations épuisantes
Les exigences
Du minimum

Nos essences se consument
Devenues des matières opératoires

Plus les heures avancent
Comme si le temps s’amoindrissait
Et chaque instant s’effilochait
En secondes faméliques
J’épure les intentions
En aspirations minimales
En concrétisations centrales
Un point essentiel

Et je rentre dans la mer
Comme si ce jour devait être le dernier

Une seule phrase
Soudain
Tombée
Au milieu du nulle part
Au cœur de toutes les autres
Amoncelées
Telle promesse
Déployée
Et qui contient l’infini

A.T.

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