L’incandescente ou lorsque le feu fait un clin d’œil à la Tranquillité

Elle a la couleur du soleil
Et dans sa voix
Chante une lumière intemporelle
Dont chacun de ses mots est emprunt

Son sourire
A l’éclat de miel
Ravit tous ceux qu’elle aime
Dérobe les peurs
Balaye les réticences

Son regard rieur
Ourlé d’un noir de jais
Qui rend à l’obscurité son étincelle
Englobe d’une chaleur, qui sait rassurer

De sa vibrante présence
Baignée d’une communicative aura
Se dégage sa passion
Pour cette vie mutine et capricieuse
Dans laquelle sa confiance est déposée
Ainsi que son assurance
Lorsque pourtant
Elle concède par instant
Sa délicate fragilité
Embrasée par ses milles mystères
Et ses tours, qu’avec amusement
Elle déjoue
Elle y avance
Toujours aventureuse, intelligente et instinctive

Tous ses mots sont courageux
Et fiers
Et droits
Entiers

Entre ses bras
Immensément ouverts
Comme un ciel sans fin
Elle possède une terre d’exil
Qui accueille et abreuve

Femme muraille
Forte de ses remparts
Et de son cœur
Qui parfois se contrarient
Mais sont les meilleurs alliés
Elle insuffle une attractive gaieté
Dont ceux qui l’approchent
Ont la chance d’en saisir une part
Comme le trésor d’une étoile
Qu’ils peuvent ajouter
A la toile de leur propre partition
Accrochée brillamment
Au firmament de leur mélodie composée
Dont elle a agrandit la portée

Mais qui te nourrit, toi
Et où étanches-tu ta soif
Reposes-tu tes craintes
Et apaises tes fatigues
Lorsque tes bras dépliés
Accueille le monde entier?

A.T.

Echos et chuchotements au cœur de l’émergé

Je me redécouvre
A travers ces heures secrètes
Ce temps comme suspendu
Presque volé
Qui m’est dévolu
Et n’appartient qu’à moi

Je comprends les refuges
Et revisite mon histoire
Sous ce regard bienveillant
Qui réinterprète mes lignes

Soudain je saisis de nouvelles perspectives
Forte d’une relecture positive
Qui laisse entrevoir promesses et possibilités
A l’infini
A inventer

 

Serait-ce
A travers
Ces mots échos
Qui s’écrivent
Et s’alignent
Inlassablement
Le bercement
Des chuchotements indistincts de l’enfance
A l’oreille
Susurrés
Captation hypnotique
Se déroulant
En filigrane
Leur musique vague inexpliquée
Se répétant
Au fil des pages noircies
Comme une intention méconnue
A travers chaque action
Qui tente de se faire
Au-delà de la conscience voilée
Jour après jour

 

Soudain
Alors que je ne m’y attendais point,
Je fus submergée
Par la vague
Venue de loin
Enfouie
Sous tant d’années
De silence
De désert blanc
Cette traversée parenthèse
D’abstention totale
Et d’abstraction absolue
Tout avait été éradiqué
Par mes soins minutieux
Destructeurs
Plus rien ne semblait pouvoir advenir
Exister
En ce centre dévasté
Une terre de guerre
Rendue stérile
Alors
Au détour indéfini
Au détail échappé
Du sentiment
Tant chérit
L’émergence
De ce qui pourrait éclore

 

La formulation,
Opération mystique,
Par ces quelques mots
Tombés
Dans la nuit avancée
Au cœur d’une ivresse légère et troublante
L’espace soudain retranché
Flouté
Les autres, autour absentés
Conversations lointaines
Dans un tumulte ouaté
Je suis précipité
Dans l’abîme redouté
Mais vibrant
Tel un absolu
Transport magistral, si longtemps absent
J’avais oublié
L’état
Flottement et fourmillements
Un temps et une matière cotonneuse
Soulèvement
De l’être entier
Je m’étais déclarée
Sans précédent
J’avais ouvert les vannes
Du flot torrentiel
De ce tout
Contenu
Refoulé
Maintenant jaillissant
A la force
Accumulée
Des années désertiques

A.T.

 

Exil, langueur et saisissement

Nouméa
Soleil de plomb
Moiteur
Écrasement
Dans l’oisiveté
D’un entre deux
Passionnément attractif
Dangereusement vide et prometteur
Dans la suspension étourdissante
Une attente
Au vert suffocant
Au vent transporteur
Que je voudrais
Interminable

 

Le vent se lève alors
Robuste
Telle une force incarnée
Une injonction palpable
Bruissant dans les arbustes
Feuilles vertes et écorce craquante
Et les cheveux séchés
Blondis par le sel
Car le soleil rase tout sur son passage
Gommant les traits trop acérés
Mordant
L’intérieur s’apaise
Rangé
Dans un accord tacite et aligné
Allant de soi
Avec cet autour grandiose et imposant

 

Les mots tardent à venir
Frayer leur chemin
Paresseux
Lents
Sous le soleil de plomb
Une flèche
Au zénith
Aplati
L’esprit écrasé
Immobile
Et alangui
Ne fonctionne pas
Se refuse
A s’éclaircir
Et se dérouler sous la plume

 

Et le bitume collant
Au goudron fondu
Où les pas lents s’enfoncent
Sous le soleil de plomb
En rondeur obscène et généreuse
Fournaise
Telle la bouche béante d’un four grand ouvert
Où le corps s’épuise en y entrant
Dans une lourdeur immense
Un ralentissement global

Et le calme
Sans limite
Lumière blanche

Et les routes
Cabossées et trouées
Sinuant au cœur de la terre

Un ensemble blafard
Saisissant et incontournable
L’être
Entier
Y est capturé
Sans possibilité de lutte
Rendu

 

Lorsque la vie ralentit
Presque suspendue
On oublierait les jours
La date
On s’habituerait
A ce rythme lent
Paresseux
Les ennuis passés
Les lourdeurs
Devenues floues
L’avant soluble
Comme autant de souvenirs imprécis
Au lointain
Oubliés

 

Tout autour résonne
Exotisme et Ailleurs
Ressac discret et confortable
Où la vie vient se reposer
L’âme s’y trouve
Recueillie et déposée
Aux oreilles distraites
Parviennent les sons
Dans un délicat murmure
Des vaguelettes léchant le sable
Dans une captivante musique
Le clapotis sec des feuilles de palmiers
Se cognant les unes contre les autres
Et par-dessus
Comme un maître en son royaume
L’oiseau aux mille chants
S’offrant aux vents qui le transportent

 

La peur
Graduellement
Et les cheveux
Doucement
S’éclaircissent
La peau salée
Dore
Les contours s’assouplissent
Et les formes suivent
Tranquilles
Une blondeur globale
Et englobante
Qui se dépose
Sur le corps
Et dans les pensées
La vie et les airs amollis
Presque paisibles
Le corps s’aligne
Et s’arrange
Presque adapté
Un certain calme trouvé
Il reste à trouver le chemin
Pour la voix
Sa note
Juste
Ses tonalités
Accordées
Pour l’indomptable intérieur
Aux pensées en herbes folles
Un endiguement
Une harmonie

 

L’esprit vagabond,
Les pensées divaguent
Et s’emmêlent
Une question
Multiple déclinée
Les démons anciens
Ne sont pas loin
Comme une anxiété
Se demander
Si cela pourrait être
L’endroit
Où il faudrait
Enfin
Se trouver
Autrement
En dépit des ombres

A.T.

A la poursuite d’une volatile définition

Sous la stupeur
D’un vendredi soir
De nos jours
Perché
Sur les terrasses
Avec des femmes dessus
Et des remises en question

Je ne saurais pencher
De tendances
Aux errances
Un camp
Une définition
Unique et définitive
Je flotte
Dans un temps révolu
Des doutes irrésolus
Des interrogations suspendues
Je balance
Des hésitations aux tentatives
Oscillant, équilibriste
Sur le fil de l’essence féminine

Les réponses évaporées
Et versatiles
Qui jamais ne s’arrêtent
Et se fixent
S’envolent
Dans les airs
Du passage des heures
Engagées
Au cœur d’une nuit avancée

Elles s’assument
D’allures
En discours

Leurs mots sont sûrs
Et leurs griffes peintes
Bien plantées

Derrière des verres
Immense comme un bocal
Rempli d’élixir sanguinaire
Leurs dents brillent
Aiguisées
Leurs regards éclatent
D’une assurance acérée

Et leurs rires
S’élèvent
Cristallins
Perçant le centre
De l’opaque obscurité
Pour s’accrocher aux astres
A peine voilés

A.T.

Évocation au souvenir des routes transversales

Je file à travers la campagne embrasée
Rougeoyante
Au soir approchant
Elle est devant moi
Imposante, calme et silencieuse
Dans une fixe majesté
A portée de main
Au bout du regard
Émouvante et invitante
Une apparition
Comme trouble
A peine une impression
Volatile, insaisissable
Mirage puissant
Émergeant
Comme de nulle part
Elle est vague
Illusion
Et ses vallons souples
Allongés moelleusement
Humblement érigés
Imposent le recueillement
Le temps d’un souffle suspendu

 

Je traverse
Des routes de silence
Perdue au milieu d’une nature souveraine
J’emprunte
Des chemins de solitude
Où la végétation danse, libre
Je m’aventure
En des lieux sauvages
Peuplés de mysticisme
Tout ce qui m’entoure est animé
Tout se gonfle d’un souffle primaire et fluide
Une éternité mouvante et respirante
Expressions multiples et extravagantes
Une nature sans peur
Je m’y engouffre
Comme dans un mystère épais
Et ceux qui le peuplent
Ne sont pas d’ici

 

Tout se mélange ici
Dans un harmonieux chaos
Toutes les formes
Toutes les couleurs
Toutes les matières
Se côtoient
Je me fraye un espace
Hors du temps
Hors d’atteinte
Perdue au cœur d’un foisonnement
Qui n’a de limite
Que la terre et le ciel
Qui n’a de limite
Que la conscience et l’imaginaire
Un entre deux
Dense
Qui déclame
A chaque instant
Sa beauté majestueuse
Et indomptée

 

Il y a ces longues rangées d’arbres
Élancés, éparpillés de mille branches minces
Sans feuilles
Au bois blanc
Qui longent la route
Comme une caresse déposée
Il y a ces étranges massifs
Déposés au milieu du vent majoritaire
Qui ressemblent à un rêve
Des cercles mirages cotonneux
Frôlant les surfaces les plus hautes
Comme effleurant les cimes
On les croirait illusions
Presque immatériels
Les roseaux et fougères géantes au loin
Donnant un aspect mousseux
Presque trouble
Au paysage fier et fort
Puis le rouge, vif
Aux allures de boules enflammées
Parsemant la toile de fond
Comme un sourire radieux
Mutin
Par endroit l’eau, calme
Au cours tranquille, impénétrable
Égrenée de pierres chuchotantes
Au gris insaisissable,
Laissant planer
Une vérité ancestrale et indéchiffrable
Enfin, plantés dans une joyeuse et inspirante incohérence
Les arbres et les palmiers les plus fous
Princes et rois dans leur royaume sibyllin
Et fantasque à la fois
Chacun se dresse à sa guise
Par des poses extatiques
Vers leurs destins enchantés
La route grise s’immisce en leur sein
Jusqu’au milieu
Tel un serpent sans fin, langoureux
Comme dans une danse hypnotique,
Succombant à cet appel
Dans une religieuse profondeur

A.T.

Éparpillement en traces éparses

La nuit était claire
Les étoiles perçaient l’obscurité
Comme les points de repères
D’une carte mystérieuse
La lune inondait la rue
Oblique
D’une lumière vive et directe
Je marchais
Légèrement courbée
Le souffle court
Vers des heures immobiles
Peuplées de questions
Et d’absurdité

 

Ce lit ouvert
Brouillon
Comme seule perspective

Horizon délimité
Et contours incertains

Ma vie s’y passe
Lasse
A contempler l’imaginaire

Le ciel bleu au dehors
Filtre
Par les minces interstices
Du volet descendu
En pâles bandeaux
Oranges et poussiéreux
Léchant le sol
Comme un barrage
Contre l’extérieur
Existant
Et ses bruyantes manifestations

 

Si je pouvais écrire
A présent
Au présent
Des autres voix
Que la première
Née dans la douleur
De la douleur
Faire place
Aux échos sourds
Généreux
Que constituent le reste
Et la totalité
Par ses traits multiples
Égarés
Et multi-directionnels
Par ses recoins
Non pas seulement sombres
Dans ce repli
De possibles fertiles
Et dissimulés
Donner unité
A la profuse et productive
Dissemblance lumineuse
Rassemblée

 

Tout
Insignifiant
Grandiose
Du détail
A l’évènement
Un foulard qui se soulèverait
Sous le vent
Ou l’instant d’une rencontre
Capitale
Le concret
Ou le soluble
Lorsque chaque seconde
Constituerait un début
Garder les yeux ouverts
Sur ce qui accroche
Guettant la réaction
Substance
Qui fera naître
La première ligne

 

Nourrir cette vie
Qui s’épuise
Qui s’amenuise
D’être négligée
D’être évitée
Par l’essence
Par la substance
Qui s’origine
De l’intérieur
Du nulle part
Du divin
N’attendant qu’à éclore
Le fond, la forme, l’autour
Enfin cohérents
Alignés

 

La lutte perpétuelle
Contre les vents intouchables
L’immatériel inconnu
La fatale concrétude
Pourrait-elle cesser
Embrasser ce qui est
Son inédite lueur
Précieuse
La mise en accord
Des résonnances
Enfin entendues

 

A la recherche des mots
Mes pierres précieuses
Perlant sous la plume
Qui m’échappe
Et me dépasse presque
Ne m’appartenant déjà plus
Advenus
En réalité extérieure
Offerte au néant
Lorsqu’elle est voix
Qui cherche à se faire
Perçant le voile des rêves
La profondeur des jours
Enchainés

Pas de déguisement
A peine un atténuement

Pas de mensonges
Délicate crudité

A.T.

Lueurs et opacités

Par effractions
Eparses
Mais répétées
J’entrevois
La clarté
Encore pâle et lointaine
D’un soi qui se dessine
L’ébauche
L’idée à peine
De ce qui résonne
Intimement
Depuis toujours

Trop nombreux
Encore
Les mystères épais
Inaccessibles
L’intérieur
Comme une nuit sombre
Profonde
Je ne retrouve pas
La route
Vers moi-même
Telle une étrangère
De ma matière
A la densité obscure
En ma propre terre
Friable
Et brumeuse

A.T.

Chroniques de l’Immense insoupçonné

Au premier jour fut la rupture
Sanglante et dans les cris
Rattrapée par l’illusion
Fragile et chancelante
Des années qui suivirent
Puis le manque surgit à nouveau
Plus tard
Brutal
Précipitant les mots de l’indicible
Dans cet antre révélé
Laissant la trace
D’une insurmontable coupure

Entre ce vide
Et l’existence advenue
Le trait inscrit
D’une union irrésolue

L’Ecriture
De l’impossible
A dire le sens
Perpétuellement questionné

A.T.

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