Au lieu des mots

J’aime ce lien
Comme un lieu
Connu
Son éprouvé
Revisité
Dans une répétition
Transposée
Dans lequel je me glisse
Comme entre des draps frais
Un familier
Ré approprié
Il faudrait juste
Ré inventer
Le geste
L’intentionnalité
Transpercer
Le silence obscur
La réserve qui emmure
Par les mots trouvés.

Eclairage
De la trace
A la tentative de comprendre
Par transfiguration
Du réel à l’écriture
Prenant la forme d’un corps.

A.T.

Paralysie

Je m’évertue
En solitudes
Des compartiments
Qui se succèdent
A la lisière
De ce que je voudrais
Des possibles convoités
Je reste
Alanguie
Dans des paresses pansements
Des refuges matinaux
Qui m’économisent
Autant qu’ils m’amoindrissent
Je suis enfermée
Dans une peau prison
Hermétique et demeure
La petitesse intérieure
Constrictive
Les espérances piétinant
Fatiguées
En songes éveillés
Sans déploiement.

 

Les années passent
Immobiles
Sans prise
Comme dans l’absence d’âge
Et d’évènements
La vie s’écoule
Pourtant
En jours multipliés
Empilés
Il me semble encore que j’étais hier
Vingt ans
L’infini des possibles au devant
Je n’aurais pas grandie
Figée
Dans tout ce qui ne s’est pas produit
Rivée à ce qui n’est jamais arrivé
Toute la suite
Comme une inconsistance
Un emprunt.

A.T.

Inopérance à l’échappée

Dépressions tropicales
Pour toile de fond
Au bleu rare immiscé
Au détour d’un jour non identifié
La pluie lave
La pluie pleure
Sur cette île
De mon exil effréné
De mes doutes sans cesse répétés
J’ai imaginé le répit
Éternel
Reposant
Mais ma condition, intrinsèque
Insiste
Telle une forcenée
Un rappel
A l’impossible
A l’incapacité
Fondamentaux
Constitutifs.

 

Je cours encore après l’inconnu
Une page blanche
Au-devant
Impossible à remplir
Incapable de se déployer
Empêchée
Je m’inspire
Je reproduis
Par procuration
Par imitation
L’envie
D’une logique légère
Au jour le jour
Qu’il me semble percevoir
Partout autour
Mais j’y demeure
Invariablement
Hermétique
Exclue.

 

Répétition
Reproduction
A l’impeccable métronomie
A l’irréprochable régularité
Mouvements
D’humeurs en états d’âme
De hauts en bas
Vertiges et écrasement
Entre fébrilité et désolation
Entre brillance et noirceur
L’excitation laissant place
A l’abattement
Naturel déconcertant
Suite navrante
Attendue.

Elle sonne comme un éternel regret
Elle résonne comme une plainte perpétuelle.

De l’insatisfaction fondamentale
Qui définit
Chacun de ses actes
Indéfinis
A force de croire

Les rendant ridicules et inutiles.

Et je reste coincée
Dans un immobilisme
Neutralisant
Sans parvenir à rester
Où les jours coulent
Sans heurts
Sans vagues.

Alors que la vie passe
Et le temps glisse
Le fourvoiement
Et l’agitation
Restent la consolation
D’une tentative
A essayer
Désespérément.

A.T.

Terre atterre

Est-ce ici
Est-ce elle
La terre
De guérison
Qui pensera
Autrement
Le passé
Les blessures
Illuminera
Les noirceurs
Les recoins
Comprendra
Les chemins égarés
Les illusions abandonnées
De sa nature
Si grande
Bienfaisante
Qui semble tout saisir
Qui semble être de chair
Absorbera-t-elle
Les démons
Les hantises
Pour enfin
Rendre l’absolution
Dans sa force infinie
Don son vivant incomparable.

 

Au cœur du paradis
Perdu au milieu de l’océan
Fait de plages au sable immaculé
Entouré des eaux les plus claires
Où le soleil réchauffe et anesthésie
Malgré les liqueurs brûlant la gorge
Malgré l’absence de projection
Sans engagements
La peur me guette
Tapie dans l’ombre
Dans un coin
De ma tête
A la contemplation
D’une couleur
Au passage
D’une effluve
Au hasard
D’une musique
Du plongeon dans les profondeurs
Les limbes
De mon enfer personnel et portatif
Emprisonné au centre de chaque souffle
Vibrant dans chaque cellule qui se reproduit
A chaque instant
Comme une empreinte génétique
Impossible
A enrayer.

A.T.

A l’évasion des rêveries hallucinées

Je te cherche sans effort
Le sommeil m’emportant
Dans son envol grisant
Le temps de se replacer
Trouver les repères
De cet espace différent
Ce temps parallèle
Après le mouvement brutal
Décollage
L’esprit quitte le corps
Laissé au repos
En veille
Et voguer vers les cieux univers
Des autres vies
Entre lesquelles je glisse
Passages
De l’une à l’autre
Comme une danse
Multipliée
Au fil des musiques changeantes
Je me promène
Dans une fluidité délicieuse
Jusqu’à t’apercevoir
Tu es là
Presque de toute éternité
Soudain
Immuable
Et je t’approche
Dans une facilité
Qui ressemble à des eaux claires
Et je te retrouve
Comme si nous avions partagé
Plus qu’une vie entière.

 

Mon esprit s’agite
Aiguisé et électrique
Telle une matière instable
Et explosive
Il fourmille
Impatient
Enfant fou
Hyperactif
Ne sachant où donner de la tête
Que faire
De cette énergie qui le déborde
Et ses projections s’éparpillent
En éclats volcaniques
Consumant les bords de sa paroi poreuse
Et perméable
L’espace autour
Troué
Des déchiquètements
En boules de feu imaginaires
Perçant sa toile blanche immaculée.

 

Les synchronies
En mystères abstraits
Entre impressions et réalités
Se présentent
Tels de merveilleux hasards
Et font résonner en mon cœur
Le sentiment
D’une chaleureuse et attirante vérité
Implicite unité
Que j’approche
Emue et réservée.

 

Je plonge
Dans cet univers
Aux attractions hypnotiques
M’infusant
De ces mots qui résonnent
Sonnant justes
Telle une vérité énoncée
Erigée fière et droite
Assurés tel un totem
Dont chaque minutieux ornement
Semble parler
D’une partie de mon âme
Happée de tout côté
Par les possibles illustrés
A chaque tentative nouvelle
De dire quelque chose
Je plonge
Dans cet univers
Qui ressemble à une fiction
Qui me saisit
En plein cœur.

A.T.

Indétermination de l’après

Ma mère est partie
Ma mère s’en est allée
Courageuse et droite
Sa petite valise à la main
Traînant derrière elle
Lourdeur de plomb
Du chagrin qu’elle emporte
Son visage à l’abri des regards
La démarche faussement assurée
Seule, elle a disparu
Au fond du long couloir d’aéroport
Dans lequel elle s’est avancée
Sans ciller
Sans hésiter
Le dos fier
Les épaules raides
Sans craqueler sa composition
Ne laissant rien transparaître
Elle s’est composé une attitude
Pâle dissimulation
Avec elle s’est envolée
Ma dernière attache
La vie d’avant
Et je reste plantée sur place
Fixée
Figée
Face à ce devenir en suspend
Je suis écrasée
Terrassée
Sous le coup de la décision
Ses conséquences
Alors devenues réelles
Devant
Imminentes
De ce départ pris
Il y a trois mois
Dans l’impulsion aveugle et d’espoir
Du possible
Du renouveau
Le sourire sur le corps
La conscience gommée
A la chaleur d’un soleil inédit
En cette terre nouvelle
Au printemps éternel.

 

Le paysage s’est délavé ce matin
Comme une illusion tombée
Il pleut sur Nouméa
Je pleure sur Nouméa
Les arbres croulent
Sous le poids lourd
Des feuilles gorgées d’eau
Les routes humides résonnent
En bruits longs
Les maisons détrempées
De ruissellements sur leurs murs
Tout est triste et gris
Les bleus, jaunes et verts indiscutables ont disparu
Les pensées pèsent en gouttes de plomb
S’écrasant sur le sol
Tel un interminable sanglot
Sans perspective
Au seul avenir de la terre
Martelée
Creusée.

A.T.

Trêve à l’intervalle

Le silence
Et l’accalmie
Questionnant
Les kilomètres
Semblent épuiser les traces
Qui habituellement insistent
Invariablement présentes
Étrangeté de la suspension
Les symptômes hurlants
Se sont tus
Saisis par la surprise
De l’endroit où ils se trouvent
Exilés
Malgré eux
L’identité interrogée
Qui suis-je en ces lieux
La même
Ou une autre
Une identique différente
Pareil décalé
A côté de moi même
Un peu avant
Ou juste après
Le temps a déréglé
Les habitudes immuables
Perdue dans un espace
Trouble et indistinct
Puis-je ainsi perdurer
Dois-je attendre
Le juste retour
Logique
D’une définition
Floue mais persistante
Par les attraits significatifs
De parures malades
Que je porte
Tel un présage
En croix
Autour du cou.

 

Je retrouve l’accès
Verrouillé
Enfoui jusqu’alors
Dans un sommeil
Lourd et sans parole
Dans ce questionnement neuf
Qui m’invite à l’introspection
A la recherche
Quêter ce qui fut jour
Dans la douce invitation
A être soi
Se rapprocher
Au fil de cette étrange échange
Cette inhabituelle conversation
Je me dessine à nouveau
Encore esquisse
Croquis à peine
Choisissant avec soin
Les couleurs
Que je croyais éteintes
A travers les mots
Que je déplie un à un
que je déploie les un après les autres.

A.T.

Ciels ici

Les ciels d’ici
Ont des formes et les couleurs
Aux délicatesses et douceurs romantiques
Aux remplissages épars et vaporeux
D’une ponctuation aérienne
D’une communication volatile
Comme un fin tissu de soie
Voletant légèrement
Sous une brise invisible
Au soir profilé
Qui s’abaisse graduellement
A peine une nuance en dessous
Du jour vaillant et consistant
Les ombres s’allongent
Accrochées aux silhouettes affairées
Les contours adoucis
Du monde ralentissant
Un côté assombri
En sage profondeur
Imposant et recueilli
Alors que l’autre se pastellise
En pâle lumière de mystère
Presqu’espiègle
En clin d’œil lancé
Dans un infini moelleux.

Le silence
Plein
L’obscurité
Sourde

Complétude
Parvenue dans l’ultime extrême
Du paradoxe
De leur opposition.

 

Peut-être les ciels ici
Manquent-ils d’expressivité
Reposant ainsi les souvenirs
Encore trop vifs
Malgré le temps passé qui les recouvre
Les bleus ne sont point les mêmes
Que celui
Lance
Qui vient torturer les viscères
Dans une remémoration supliciaire
D’un inexpliqué
Jusqu’à la nausée
Jusqu’au malaise
Obligeant à fermer les yeux
Et les perspectives heureuses
Le trait
Comme une rature
Rayant le cœur
En plein milieu.

Peut-être sont-ils plus calmes les ciels ici
Moins torturés
Moins vastes
Il n’y a pas le vertige
Au souffle coupé
A la poitrine comprimée
Envahissant toute contemplation
Giflant l’affront du regard osé
En même temps que l’espérance.

Peut-être sont-ils plus bas les ciels d’ici
Presqu’à portée de main
Proches et indulgents
Simples
Même lorsqu’ils sont arcs en ciel
Embrasés du soir tombant
A la limite de la déchirure
Lors de certains soulèvements
Ils restent bienveillants, comme neutres
Lit tiède pour les âmes fiévreuse
Qui peuvent s’éclipser à elles-mêmes
Dans l’infusion de leurs douces nuances
Pour quelques fugaces instants
D’un cotonneux d’oubli
Comme dans une absence brève
Du front brûlant sous le linge frais déposé
La disparition
La fin
Comme des impressions obsédantes
Et devenues familières
Ombres errantes
Se profilant
Épousant les lignes du corps
Symétriques aux pensées qui respirent
Compagnes des jours qui s’enchaînent
Sans queue ni tête
Dont le sens
Jamais ne cesse de faire question
Défait les raisons
Tricotés de fortunes
Vaines
De hasards
Vides
Sans éclairement.

A.T.

Aux heures du début

Je redécouvre
A chaque jour nouveau
Encore infime et débutant
Les courbes
Environnantes
Sous la lumière
Pleine
Et dans le noir
Intense
En collines magiques
Éclairées
En points multiples
En lignes vallonnées
Les paysages
Que seront les miens
D’avenir
Et de l’autre côté
La ligne précise, concave
Finitude cisaillante
Où se joue
Une heure puis les suivantes
Les couleurs extravagantes
En teintes déclinées
Au jeu de miroir
Du milieu parfait.

Attendrissement
Au soir pénétrant
Ne s’originant de rien
Arrimé au seul instant de la contemplation
Devant ces lumières urbaines,
Neuves et rassurantes
Devant ces immeubles citadins,
Bien rangés, carrés, en quinconce
Sur la colline d’en face

La voie rectiligne et les égarements oubliés.

C’est toujours au cœur de ces nuits étranges
Solitaires et éveillées
Lorsque le silence est unanime
Impénétrable
Lorsque le noir est vaste
Profond
Seule la nature présente se manifeste
En bruissements
Et légers soulèvements
Que l’idée informulable
Mais tenaillante
Se fraie un chemin irréfutable
De la volonté de changement
Indiscutable
Cette certitude vague
Imposante.

Mon regard s’étonne
Innocent et vierge
De cette terre neuve
D’accueil et d’exil
Élus
Où tout demeure
Inconnu encore
A faire
A construire
A inscrire
A écrire.

Le renouveau
Débuts neutres et vierges
Au blanc immense
Pourraient être prometteurs
Laissant un point d’interrogation
Gigantesque
Effrayant
A en rester figée
Sous une pression intense
De réussir
Cette fois
De changer
Enfin
Pour une voix plus juste
Un tournant signifiant
Une différence
L’amorce.

Le poids courbe mon esprit
Mis à l’épreuve
De l’injonction
Pressante et imminente
Savoir quoi faire.

Les débuts sont précieux
A l’instar d’une formule magique
Ils recèlent le mystère du possible
Voie ouverte
Sur un néant grandiose
A contempler.

Je pourrais m’y allonger pour l’éternité
Tout y est
Et rien n’y est condamné
En devenir, en présence
Je voudrais en capturer l’essence
Et en saisir les volutes volatiles.

S’il pouvait s’étirer indéfiniment
Un endroit hyper extensible
J’y établirais
Demeure
Dans un vaste confort
Dans une béatitude
Étalée.

L’écriture pour retenir
Le fugace, ce presque imperceptible
La tentative en jets tracés
En lignes incarnées.

L’échappatoire
Peut-être.

A.T.

Équilibre vascillant

Je marche
Sur une ligne étrange
Et chaotique
Équilibriste
Ma vie
Au-delà
Fragile et frémissante
Un pas devant l’autre
Réguliers mais hésitants
Funambule
D’un mystère
Au-devant
Inconnu
Chancellement de l’être
A peine
La contracture
Imperceptible
De l’âme
Qui doucement
Se soulève
Agrandie
De l’ouverture
Qui se dessine
A portée de regard
Je balance
Entre hésitation
Et attraction.

 

Une ombre traversante
S’est incrustée sur la peau
Épaissie et vieillissante
Du visage
Préoccupé
Assombri
D’idées vagues
D’un délire mouvant
Présentation
En personnage mensonger
Erroné
Une caricature de l’acceptable
Aux yeux de tous
Ces autres quels qu’ils soient
Importants ou non
Proches ou étrangers
Morfondue
Dans une imposture incarnée
Le rôle repassé
Réglé après tant d’années
De pratique ennuyeuse
Mais studieuse et appliquée.

Je m’accroche
A du vent
Moribonde désespérée
Car je ne suis pas
Et je reste encore
Incapable d’advenir.

 

Je cours après du temps
Qu’il soit passé
Ou futur
Il n’est jamais l’instant
Dans lequel je m’agite
Prête à fuir
A chaque minute
Comme s’il était d’épines
Je n’y suis qu’écorchures et malaise
Sa présence démesurée, fugace
Me terrasse
Et je ne sais qu’en faire
Fardeau déplaisant
Lourd
Alors qu’il est en réalité
Astre solaire
Poussière volatile
D’un bonheur possible.

Je voudrais pourtant m’y étendre
Avec quiétude, douceur et complaisance
Je voudrais pourtant y grandir
Sereine et assurée
Je voudrais m’y éterniser
Sans retenue
Réponse ultime
Rayon d’absolu
Éblouissement.

A.T.

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